AccueilSecteursEconomieAddis-Abeba, théâtre des décisions qui façonneront l’avenir de l’Afrique

Addis-Abeba, théâtre des décisions qui façonneront l’avenir de l’Afrique

-

L’Union africaine (UA) entame l’année 2026 sous une conjoncture politique et économique chargée avec trois rendez‑vous institutionnels majeurs : la 51ᵉ session du Comité des représentants permanents (CRP, 12‑30 janvier), la 48ᵉ session du Conseil exécutif (11‑12 février) et la 39ᵉ session de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement (14‑15 février), tous à Addis‑Abeba. Ces rencontres, essentielles pour définir l’agenda panafricain, se tiennent dans un contexte où la jeunesse, l’intégration économique, la paix et le changement climatique sont au centre des préoccupations des citoyens comme des dirigeants.

Les sessions s’ouvrent sous la présidence tournante de João Lourenço, président de l’Angola, qui a mis l’accent dans son discours d’investiture sur “l’unité, l’intégration économique et la paix durables” comme priorités stratégiques de l’UA. À la Commission, Mahamoud Ali Youssouf, nouveau président élu en 2025, a déclaré que l’Afrique devait devenir “une force décisive sur la scène internationale” et faire de l’Union une institution capable de piloter ensemble les réponses aux défis continentaux.

Au cœur des discussions se trouve l’African Continental Free Trade Area (AfCFTA), un accord historique qui vise à créer le plus vaste marché commercial au monde, réunissant 1,3 milliard de personnes et plus de 50 pays. Selon un rapport de la Banque mondiale, la mise en œuvre complète de l’AfCFTA pourrait augmenter les revenus africains de 450 milliards de dollars d’ici à 2035, tout en sortant 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté et en améliorant les revenus de 68 millions d’autres. Ces chiffres tombent alors que les données révélées par Afreximbank montrent que le commerce intra‑africain a atteint 220,3 milliards de dollars en 2024, soit une augmentation de 12,4 % par rapport à 2023, signe d’une dynamique économique palpable mais encore insuffisante.

Ce rebond du commerce intracontinental montre une confiance croissante dans le potentiel de l’intégration africaine,” a commenté Dr Yemi Kale, économiste en chef du Groupe Afreximbank.

Pourtant, malgré ces progrès, le commerce intra‑africain représente encore une part modeste de l’ensemble des échanges, oscillant autour de 15‑18 %, bien loin des niveaux observés dans d’autres régions telles que l’Europe ou l’Asie, et reste limité par des infrastructures insuffisantes et des barrières non tarifaires encore élevées.

La sécurité est un autre enjeu majeur. Les conflits au Sahel, en République démocratique du Congo et en Somalie ont encore un impact direct sur la vie des populations et sur la stabilité régionale. Les sessions de février devront renforcer la coordination entre l’UA et les Communautés économiques régionales (CER) pour promouvoir des solutions durables et des mécanismes de paix plus efficaces.

Dans ce cadre, les dirigeants africains insistent sur un changement de paradigme. Pour beaucoup de diplomates, il ne suffit plus de gérer des crises ponctuelles : l’Afrique doit « anticiper » les conflits par des stratégies de prévention adaptées aux réalités culturelles et sociales du continent.

Alors que le continent reste l’un des plus vulnérables au changement climatique, les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles sont estimées entre 2 % et 5 % du PIB annuel pour certains pays africains, soulignant l’urgence d’investir dans la résilience des systèmes agricoles et urbains.

Dans le domaine sanitaire, l’importance d’un continent mieux préparé à affronter les crises est renforcée par les progrès de l’Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC) et l’entrée en vigueur de l’African Medicines Agency, conçus pour améliorer la prévention, la détection et la réponse aux urgences sanitaires à l’échelle régionale et mondiale.

Avec une population jeune et en croissance, l’Afrique cherche à renforcer sa voix dans forums internationaux comme le Conseil de sécurité de l’ONU. Les sessions de l’UA de 2026 devraient permettre de consolider les positions communes et renforcer les efforts de représentation collective dans les négociations mondiales.

Pour les décideurs africains, l’heure est venue de transformer la rhétorique en résultats concrets. Comme le souligne un diplomate familier du dossier : « L’Afrique ne peut plus attendre que les décisions internationales lui viennent; elle doit être elle‑même actrice de son destin. »

Une institution à l’épreuve des attentes continentales

Pour l’Union africaine elle‑même, ces sessions sont un test institutionnel. Elles doivent démontrer que l’organisation peut non seulement formuler des stratégies ambitieuses mais aussi les mettre en œuvre de manière coordonnée.

Sous la présidence de João Lourenço et la direction de Mahamoud Ali Youssouf, l’UA cherche à renforcer sa crédibilité auprès des États membres, à mobiliser efficacement les financements et à faire converger les engagements politiques vers des résultats tangibles. C’est également une opportunité pour moderniser ses mécanismes internes, améliorer sa transparence et renforcer la cohésion entre les différentes régions du continent.

Rédaction
Rédaction
Média multi-support édité par l’Agence Rhéma Service, cabinet de communication et de stratégie basé à Douala, Business & Finance International regroupe des partenaires internationaux issus du monde des médias, des affaires et de la politique, mus par la volonté de fournir une information vraie, crédible et exploitable pour un investissement sûr en Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici