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Le Cameroun et ses partenaires français examinent un modèle de financement pour les services d’eau en milieu rural

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Selon le ministère, cette réunion a permis de faire le point sur les projets existants de gestion intercommunale de l’eau, d’analyser les défis financiers et opérationnels rencontrés, et d’explorer des pistes pour renforcer la coopération. Les discussions ont porté sur la capacité des collectivités territoriales à mobiliser des ressources, à assurer la maintenance des infrastructures hydrauliques et à garantir la continuité du service.

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de programmes de coopération mis en œuvre dans les départements du Mbam-et-Inoubou et de la Lékié, situés dans la région du Centre. Dans le cadre de ce modèle de gestion intercommunale, des communes voisines mutualisent leurs expertises techniques, leur personnel et leurs ressources financières pour gérer les infrastructures d’approvisionnement en eau et les services d’assainissement.

D’après le ministère, cette approche vise à renforcer les capacités de gestion locale, tout en répartissant les responsabilités opérationnelles et les coûts entre les communes participantes.

Un programme de 1,22 million d’euros au bénéfice de 475 000 habitants

Ce programme de coopération bénéficie d’un soutien financier de l’Agence française de développement (AFD). Selon les documents relatifs au projet, l’agence a alloué 1,22 million d’euros — soit environ 800 millions de francs CFA — via le Fonds d’appui à la coopération des collectivités territoriales françaises (FICOL), afin de soutenir les services intercommunaux de l’eau au Cameroun. Le programme cible environ 475 000 habitants en zone rurale, répartis dans les départements du Mbam-et-Inoubou et de la Lékié.

Ses objectifs incluent la réhabilitation de 246 puits et forages équipés de pompes, la mise en place de 480 comités d’usagers de l’eau, ainsi que la formation de leurs membres à la gestion des infrastructures locales. Le programme vise également à renforcer les capacités techniques et administratives des collectivités territoriales en charge des services d’eau. Le projet a débuté en février 2023 et devait initialement s’achever en juillet 2026 ; toutefois, selon les informations publiées par l’AFD, il est toujours considéré comme étant en cours.

La réunion du 19 octobre a porté sur les conditions financières et opérationnelles nécessaires pour assurer la pérennité des services d’eau à long terme.

Viabilité financière et généralisation du modèle

Le ministère a identifié plusieurs défis qui compromettent la durabilité à long terme du modèle intercommunal : la viabilité financière, la contribution des populations locales, l’entretien des équipements et le renouvellement des infrastructures. Ces enjeux touchent aux ressources indispensables au fonctionnement des installations hydrauliques, à la réparation des pannes et au remplacement des équipements vétustes. Les échanges ont également porté sur la capacité des ménages à contribuer financièrement aux services d’eau.

L’organisation Gescod, présente au Cameroun depuis 1987, accompagne des projets de développement local en collaboration avec le SDEA et des communes camerounaises. Le système intercommunal, dans son ensemble, se heurte à des contraintes financières. Dans la documentation relative à ses projets, l’AFD a fait état de retards importants dans les transferts de fonds de l’État central, destinés à couvrir les dépenses de fonctionnement et d’investissement des collectivités locales.

Par ailleurs, au moment de son évaluation, l’AFD a relevé que seules deux structures intercommunales étaient opérationnelles dans le pays : le syndicat des communes du Mbam-et-Inoubou (Sycomi) et celui de la Lékié (Syncolek). Au-delà des projets existants, le ministère et ses partenaires ont étudié les possibilités de renforcer la coopération institutionnelle et d’étendre le modèle de gestion intercommunale de l’eau à l’ensemble du Cameroun. Une telle démarche nécessiterait une coordination accrue entre le ministère de l’Eau et de l’Énergie, le ministère de la Décentralisation et du Développement local, les autorités municipales et les structures intercommunales.

Rédaction
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