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Le Groupe BGFIBank rassure les investisseurs sur la liquidité de son titre et dévoile ses ambitions d’expansion

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L’« Investor Meeting » organisé à Douala ne s’est donc pas limité à une présentation générale des ambitions du Groupe BGFIBank. Sous la conduite de son président-directeur général, Henri-Claude Oyima, la rencontre a également permis d’aborder les préoccupations concrètes des investisseurs autour de la cotation de BGFI Holding Corporation à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Après avoir considérablement renforcé le poids du compartiment actions de la place financière régionale, le groupe doit désormais répondre à un enjeu essentiel : faire en sorte que ses actions puissent être achetées, mais également revendues dans des conditions satisfaisantes.

Interrogé le 5 octobre à Yaoundé sur la capacité des investisseurs à céder leurs actions sur le marché secondaire, le directeur général de BGFIBourse, Ulrich Gambigha, a présenté le mécanisme retenu par le groupe. « BGFI Holding et BGFIBourse ont signé un contrat de liquidité qui prévoit une animation du titre à la cote », a-t-il expliqué devant les investisseurs, en présence notamment d’Henri-Claude Oyima.

Concrètement, ce type de mécanisme vise à améliorer les conditions d’échange du titre lorsque le marché ne fournit pas spontanément suffisamment de contreparties. Lorsqu’un actionnaire souhaite vendre mais qu’aucun acheteur ne se présente immédiatement, ou inversement, l’animation du titre doit contribuer à réduire le risque de voir certains ordres demeurer durablement sans exécution. Une problématique particulièrement importante sur un marché régional où la profondeur des échanges secondaires demeure encore limitée.

L’enjeu est d’autant plus significatif que BGFI Holding occupe désormais une place prépondérante à la BVMAC. Selon les données communiquées au 5 octobre, la capitalisation boursière de la holding atteignait 1 310,8 milliards de FCFA, sur un total de 1 793,6 milliards de FCFA pour l’ensemble du compartiment actions. BGFI représenterait ainsi environ 73 % de cette capitalisation.

Cette dimension change la portée de la question de la liquidité. Introduire une entreprise de cette taille en Bourse contribue mécaniquement à accroître la capitalisation du marché ; encore faut-il que les titres circulent effectivement entre investisseurs. L’élargissement du flottant recherché par BGFI Holding dans le cadre de ses opérations sur le capital et le contrat de liquidité confié à BGFIBourse apparaissent ainsi comme deux instruments complémentaires pour favoriser l’activité du marché secondaire.

Cette stratégie intervient alors que BGFI Holding conduit une nouvelle opération de levée de capitaux portant sur 80,6 milliards de FCFA. Le roadshow constitue donc un exercice déterminant pour présenter aux investisseurs les perspectives du groupe, mais également les conditions dans lesquelles leur investissement pourra évoluer une fois les titres acquis.

La question est loin d’être secondaire. Pour un investisseur, la valeur théorique d’une action ne suffit pas : la possibilité de trouver une contrepartie lorsqu’il souhaite céder son investissement constitue également un élément d’appréciation. En mettant explicitement cette problématique sur la table à Yaoundé, BGFI Holding cherche ainsi à apporter une réponse à l’un des freins traditionnellement associés aux marchés boursiers peu liquides.

Au-delà de la Bourse, le rendez-vous de Yaoundé et de Douala a également servi de tribune aux ambitions de développement du Groupe BGFIBank. Selon la communication du groupe, Henri-Claude Oyima a notamment présenté un « ambitieux plan de conquête de nouveaux territoires ». Les informations disponibles ne précisent toutefois pas encore les marchés concernés, ni le calendrier envisagé pour ces futures implantations.

Cette perspective ouvre une nouvelle séquence stratégique. Une expansion géographique implique des besoins en fonds propres, des autorisations réglementaires, une maîtrise des risques et la capacité à rentabiliser de nouvelles implantations. Dans ce contexte, la mobilisation des investisseurs et le renforcement du capital prennent une dimension qui dépasse la seule opération boursière en cours.

Pour BGFI Holding comme pour la BVMAC, l’enjeu sera désormais de mesurer l’efficacité réelle du dispositif annoncé. Un contrat de liquidité peut faciliter l’animation d’un titre, mais la profondeur durable d’un marché repose également sur le nombre d’investisseurs actifs, le volume des actions effectivement disponibles à la négociation et la fréquence des transactions.

Avec près de trois quarts de la capitalisation du compartiment actions selon les chiffres communiqués au 5 octobre, BGFI Holding occupe désormais une position majeure sur la place financière régionale. Après avoir contribué à changer l’échelle de la cote de la BVMAC, le prochain défi sera donc de contribuer également à son animation : pour les investisseurs rencontrés à Yaoundé, la capacité à entrer au capital compte, mais celle d’en sortir dans de bonnes conditions sera tout aussi déterminante.

Rédaction
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