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Le Cameroun et le groupe bancaire américain Citi discutent du financement et du redressement du secteur de l’électricité

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Ces échanges interviennent alors que les autorités cherchent à rétablir l’équilibre financier du secteur tout en se préparant à un déficit d’électricité croissant face à la hausse de la demande. Les projections gouvernementales présentées lors de la réunion indiquent que le déficit pourrait atteindre 130 MW en 2027, 250 MW en 2028, 400 MW en 2029 et 500 MW en 2030 si aucune capacité de production supplémentaire n’est mise en service. Les autorités s’emploient à raccorder de nouveaux clients industriels représentant une demande totale d’environ 150 MW d’ici juillet 2027.

Selon le ministère de l’Eau et de l’Énergie, ces raccordements pourraient générer des recettes mensuelles supplémentaires comprises entre 4 et 5 milliards de Fcfa. Le gouvernement prépare également un programme d’urgence solaire de 200 MW devant être mis en œuvre à partir de 2027, tout en poursuivant la réhabilitation des centrales existantes et le développement de capacités de production hydroélectrique et thermique au gaz supplémentaires.

Défis liés à la dette et aux recettes

Le financement de nouvelles capacités intervient alors que le gouvernement tente de résoudre les difficultés financières du secteur de l’électricité. Le programme de restructuration englobe des réformes financières, techniques et organisationnelles, incluant le refinancement de la dette, la maîtrise des dépenses, le recouvrement des recettes et la gouvernance. L’ampleur de la pression financière a été mise en évidence plus tôt cette année.

En janvier, Gaston Eloundou Essomba a indiqué qu’Eneo percevait environ 31 milliards de Fcfa de recettes mensuelles pour des charges mensuelles d’environ 44 milliards de Fcfa, laissant apparaître un déficit mensuel moyen de 13 milliards de Fcfa. Suite à la transformation d’Eneo en une société publique, la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL), en mai 2026, l’entreprise s’est tournée vers les banques locales dans le cadre de cette restructuration. Le 31 août, SOCADEL a mandaté la General Bank of Cameroon, Afriland First Bank et BGFIBank Cameroon pour structurer un montage financier de 200 milliards de Fcfa. Les facilités envisagées comprennent un financement à moyen terme de 150 milliards de Fcfa destiné à refinancer les prêts bancaires et les dettes fournisseurs existants, ainsi qu’une facilité renouvelable de 50 milliards de Fcfa pour répondre aux besoins de trésorerie.

Le recouvrement des recettes constitue un autre volet du dispositif. Le ministère avait précédemment estimé les pertes annuelles liées à la fraude à l’électricité à environ 60 milliards de Fcfa. Les mesures mises en œuvre à ce jour génèrent quelque 500 millions de Fcfa de recettes mensuelles supplémentaires, selon les chiffres présentés lors de la réunion avec Citi. Par ailleurs, environ 250 000 compteurs à prépaiement ont été commandés avec le soutien de la Banque mondiale afin de renforcer la facturation, de réduire les impayés et de lutter contre la fraude.

Grâce au soutien de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, près de 40 000 clients supplémentaires devraient également être raccordés au réseau. La Banque mondiale appuie aussi des réformes sectorielles plus vastes par le biais de son Programme de réforme du secteur de l’électricité au Cameroun, doté de 300 millions de dollars, qui vise à améliorer la performance financière et la transparence tout en élargissant l’accès à l’électricité. Les documents du projet prévoient 211 000 raccordements résidentiels supplémentaires en zones urbaine et rurale.

Le ministère a indiqué que SOCADEL pourrait poursuivre les discussions techniques avec Citi pour examiner les mécanismes de financement de projets prioritaires, ouvrant ainsi potentiellement une nouvelle voie de financement alors que le Cameroun cherche à financer de nouvelles capacités de production tout en stabilisant les finances du secteur.

André Noir

Rédaction
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