(BFI) – La compagnie Afri Insurance déploie un dispositif de souscription numérique pour l’assurance automobile au Cameroun, ciblant directement un segment stratégique estimé à environ 62 milliards de FCFA. Cette offensive s’inscrit dans un contexte réglementaire de dématérialisation des attestations d’assurance, impulsé par l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asac).
Présenté à Douala le 28 septembre 2026, ce système permettra aux équipes commerciales et aux courtiers partenaires d’établir des devis et de vendre des polices directement sur le terrain, alors que le secteur évolue vers la dématérialisation des attestations d’assurance automobile. La compagnie prévoit de déployer des équipes dans des stations-service, des stations de lavage, des centres de contrôle technique, des garages et des concessions automobiles à Douala et Yaoundé.
Les courtiers partenaires seront équipés de tablettes connectées à la plateforme de souscription d’Afri Insurance, leur permettant de traiter les demandes et les paiements sur place. Ce dispositif vient compléter le réseau physique existant d’Afri Insurance. La compagnie dispose d’agences en propre à Douala et Yaoundé et commercialise également ses produits via les agences de CCA Bank, par l’intermédiaire du courtier Afriassure.
Filiale d’assurance non-vie de CCA Holding, la société a été créée en avril 2025 et a obtenu l’agrément du ministère des Finances en août de la même année, avec un capital social de 5 milliards de Fcfa. En combinant réseau bancaire, courtiers, points de vente physiques et outils numériques, le nouvel assureur vise à étendre rapidement son maillage de distribution sans dépendre uniquement de ses propres agences. Afri Insurance envisage également des partenariats avec des courtiers numériques et des réseaux de paiement afin de permettre aux automobilistes de régler leurs primes via des points de proximité.
L’assurance automobile représente toujours près d’un tiers des primes d’assurance non-vie
Afri Insurance cible l’une des principales sources de primes du marché camerounais de l’assurance. Selon les données sectorielles disponibles pour 2025, les assureurs ont généré 296,88 milliards de francs CFA de primes, dont environ 194 milliards provenaient de l’assurance non-vie. L’assurance automobile représentait 32 % du segment non-vie, soit environ 62 milliards de francs CFA sur la base de ces chiffres. À elle seule, la garantie obligatoire de responsabilité civile automobile a généré 39,7 milliards de francs CFA en 2025.
La part de marché de l’assurance automobile est demeurée relativement stable. Selon les chiffres définitifs de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asac), le volume des primes d’assurance automobile s’est élevé à 60,66 milliards de francs CFA en 2023, contre 57,76 milliards l’année précédente. Ce segment représentait alors près d’un tiers du chiffre d’affaires de l’assurance non-vie. Toutefois, la concurrence ne se limite plus aux seules primes automobiles. Les canaux de distribution ainsi que la capacité des assureurs à enregistrer les polices et les paiements dans les systèmes de contrôle du marché sont également devenus des enjeux majeurs. L’Asac avait déjà mis en place le système HUB-ASAC-API pour centraliser les polices d’assurance automobile avant leur transmission à la plateforme du ministère des Finances. L’association inscrit désormais la numérisation des attestations d’assurance automobile au rang des priorités du mandat débuté fin 2025.
Pour Afri Insurance, cette évolution réglementaire s’inscrit en cohérence avec sa stratégie commerciale. « Grâce à des solutions simples, numériques et accessibles, nous avons clairement l’ambition de nous positionner comme l’assureur de tous les Camerounais, qu’ils soient clients de CCA Bank ou non, particuliers ou entreprises », a déclaré Philippe Kanga. La compagnie devra toutefois parvenir à transformer l’élargissement de son réseau commercial en primes réellement encaissées et en un portefeuille pérenne, sur un marché où les assureurs établis disposent déjà de vastes réseaux de distribution. En 2025, les courtiers captaient près de 41 % des primes d’assurance non-vie, tandis que les bureaux directs en représentaient environ 37 %.
Christian Trésor Adong




