(BFI) – Lancé en 2014 avec l’ambition de bousculer le marché camerounais des télécommunications, Nexttel reste prisonnier d’un conflit entre ses partenaires vietnamien et camerounais. Le groupe vietnamien Viettel Global a officiellement sollicité l’intervention du président Paul Biya pour protéger ses investissements et faire valoir ses 70 % de parts dans l’opérateur Nexttel.
Selon le média Africa Intelligence, le groupe vietnamien Viettel Global a adressé une nouvelle correspondance, le 25 août 2026, au président Paul Biya pour exiger sa protection face aux blocages persistants au sein de l’opérateur Nexttel afin de défendre ses 70 % de parts dans la coentreprise Viettel Cameroun (Nexttel). L’actionnaire vietnamien fait face depuis plusieurs années à l’opposition de son partenaire local, le milliardaire camerounais Baba Ahmadou Dampullo (via Bestcam), créant une crise institutionnelle et judiciaire continue.
Les Vietnamiens revendiquent environ 210 milliards de Fcfa d’investissements initiaux, tandis que la licence d’exploitation de l’opérateur arrive à échéance en décembre 2027, plaçant l’entreprise sous une forte pression industrielle.
Ce conflit dure depuis plus de huit ans et paralyse l’entreprise. L’urgence est renforcée par l’expiration annoncée de la licence d’exploitation de Nexttel en décembre 2027.
Ce n’est pas la première fois que le groupe saisit la présidence camerounaise. Dès 2018 et 2019, des démarches similaires ainsi que des médiations diplomatiques avaient été entreprises pour dénoncer l’éviction des managers vietnamiens de la gestion quotidienne de l’opérateur. Cette nouvelle offensive épistolaire intervient alors que d’autres acteurs du secteur, notamment le groupe Axian Telecom, ont manifesté leur intérêt pour racheter l’opérateur camerounais en déclin.
À la suite d’une décision de justice de la CCJA (Cour commune de justice et d’arbitrage) en 2024 favorable aux Vietnamiens, Viettel Global a activement cherché à céder ses parts (70 %) pour se désengager d’un conflit stérile. C’est à ce moment que le géant malgache s’est positionné.
Déjà présent à Madagascar, au Sénégal, au Togo, en Tanzanie ou encore au Kenya, le groupe dirigé par Hassanein Hiridjee voit dans le Cameroun le hub idéal pour poser ses valises en Afrique centrale et bousculer le duopole d’Orange et MTN. Axian n’est pas le seul sur le coup. Des groupes d’investisseurs américains ont également manifesté leur intérêt pour reprendre les actifs de Viettel.
Même si Viettel souhaite vendre et qu’Axian dispose des fonds nécessaires pour relancer le réseau en ruine de Nexttel, les négociations restent entravées par le partenaire local, Baba Ahmadou Danpullo. Le milliardaire camerounais s’est systématiquement opposé aux tentatives d’évaluation indépendante des infrastructures et aux plans de refinancement externes, bloquant la transition vers un nouvel investisseur. C’est précisément pour briser ce statu quo que le groupe vietnamien a envoyé son ultime SOS au président Paul Biya.




