(BFI) – À l’occasion de la conférence de presse tenue ce 28 septembre à Yaoundé, à la suite du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, le gouverneur Yvon Sana Bangui a fait état d’un ralentissement de la croissance de la CEMAC, pour l’année 2026, désormais projetée à 3 % en 2026 contre 3,7 % en 2025.
Mises à jour en septembre 2026, les prévisions de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), au niveau de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), tablent sur un taux de croissance de 3 %. Un chiffre en net retrait par rapport aux prévisions initiales de 3,9 % et qui confirme le ralentissement de l’activité économique sous-régionale.
« Nous avions projeté un taux de croissance pour 2026 de 3,9 %, pour finalement atterrir à 3 %. Nous enregistrons une croissance positive, mais qui est en baisse. Le constat est celui d’un ralentissement. Nous restons en croissance positive, mais elle s’érode. Avec 3,8 % en 2024 et 3,7 % en 2025 », a reconnu Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC, face à la presse.
La trajectoire traduit ainsi une perte progressive de rythme. Après 3,8 % en 2024 et 3,7 % en 2025, l’économie communautaire devrait connaître une nouvelle décélération en 2026. Pour la banque centrale, cette évolution révèle surtout un écart persistant entre les performances actuelles de la CEMAC et son potentiel de croissance. « Nous sommes bien en deçà de notre potentiel », a souligné le gouverneur.
Pour inverser cette tendance, Yvon Sana Bangui mise notamment sur la mise en œuvre des réformes structurelles déjà décidées au niveau communautaire. Parmi les priorités évoquées figurent les investissements dans les infrastructures énergétiques ou encore de transport, considérés comme des leviers nécessaires à l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des économies de la sous-région.
La dépendance aux importations constitue également, selon le gouverneur, une contrainte majeure. « Tant que nos États resteront fortement dépendants des importations, la croissance restera contrainte », a-t-il expliqué.
Pour la BEAC, le diagnostic est désormais établi et les solutions sont identifiées. L’enjeu se situe donc dans leur exécution. « Il faut maintenant passer à l’exécution », a insisté le gouverneur.
Malgré le ralentissement de la croissance, certains indicateurs affichent une évolution plus favorable. L’inflation devrait rester sous la norme communautaire, à 2,2 % en moyenne annuelle en 2026, contre 2 % en 2025. Le déficit budgétaire, hors dons, devrait également se réduire, passant de 4,5 % du PIB à 3,3 %. Le déficit du compte courant, dons officiels compris, s’améliorerait pour sa part à 2,8 % du PIB, contre 4,2 % en 2025.
Les perspectives monétaires restent également orientées à la hausse, avec une progression attendue de la masse monétaire de 10,6 %. Les réserves de change représenteraient 4,53 mois d’importations de biens et services, contre 4,07 mois en 2025. Le taux de couverture extérieure de la monnaie atteindrait, lui, 72,4 %, contre 65,2% un an plus tôt.
Face à cette configuration, le CPM a décidé de maintenir inchangés les principaux instruments de politique monétaire. Le taux d’intérêt des appels d’offres reste fixé à 4,50%, celui de la facilité de prêt marginal à 5,75%, tandis que la facilité de dépôt demeure à 0%. Les coefficients des réserves obligatoires restent également à 6,50 % pour les exigibilités à vue et à 4% pour les exigibilités à terme.
Cette 3ᵉ session ordinaire du Comité de politique monétaire de l’année intervient dans un environnement international moins favorable. Selon la mise à jour de juillet 2026 des Perspectives de l’économie mondiale du FMI, la croissance mondiale devrait revenir à 3% en 2026, contre 3,5% en 2025. Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, et les difficultés liées à la circulation dans le détroit d’Ormuz, figurent parmi les facteurs pesant sur les perspectives mondiales. C’est dans ce contexte de ralentissement mondial et de contraintes structurelles internes que la CEMAC devra désormais chercher les ressorts d’une croissance plus soutenue.
Julien Efila, correspondance particulière




