(BFI) – Le Cameroun a doublé l’enveloppe financière allouée aux communes pour leur performance dans l’exécution de projets d’investissement public, distribuant 500 millions de FCFA à 10 municipalités pour l’exercice 2025, contre 250 millions de FCFA partagés entre cinq communes lors de l’édition précédente. Ces 10 communes ont reçu chacune 50 millions de FCFA lors de la deuxième édition du prix des communes modèles dans l’exécution des projets d’investissement public, organisée à Yaoundé le 22 septembre.
La cérémonie était présidée par le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, en présence du ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Les communes lauréates, issues chacune de l’une des 10 régions du Cameroun, sont : Ngaoundéré III (Adamaoua), Kobdombo (Centre), Nguelebok (Est), Petté (Extrême-Nord), Loum (Littoral), Touroua (Nord), Nkambe (Nord-Ouest), Pète-Bandjoun (Ouest), Zoétélé (Sud) et Idabato (Sud-Ouest). Cette liste marque une extension par rapport aux cinq communes récompensées lors de la première édition. Ces prix interviennent alors que le volume des ressources transférées aux collectivités territoriales décentralisées ne cesse d’augmenter.
Selon les chiffres présentés lors de la cérémonie, les transferts annuels sont passés de 58 milliards de FCFA en 2020 à 158 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de 100 milliards de FCFA en cinq ans. Arnault Christian Emini, directeur général de l’Économie et de la Programmation des investissements publics au ministère de l’Économie, a souligné que l’augmentation des transferts s’accompagne d’exigences accrues en matière de performance pour les collectivités locales. Il a expliqué que les communes ont été évaluées au-delà de leurs taux d’exécution des dépenses, grâce à un indice couvrant l’ensemble du cycle des projets d’investissement public. « Nous sommes passés de 58 milliards de FCFA de ressources transférées en 2020 à 158 milliards de FCFA en 2025, et nous pensons que ces ressources continueront d’augmenter. Mais davantage de ressources transférées impliquent également une plus grande responsabilité pour les exécutifs municipaux et des exigences de performance plus élevées », a déclaré M. Emini.
78,4 milliards de FCFA de fonds transférés sont restés inutilisés
Cette initiative visant à stimuler la performance intervient dans un contexte de difficultés persistantes à transformer les fonds publics transférés en projets locaux réalisés. Selon les chiffres présentés par le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, lors de l’événement, un montant cumulé de 727,8 milliards de FCFA a été transféré aux collectivités territoriales décentralisées entre 2020 et 2025. Sur cette somme, 78,4 milliards de FCFA ont été annulés faute d’avoir été utilisés dans les délais impartis. Les documents budgétaires du gouvernement avaient déjà mis en évidence des contraintes affectant l’exécution des investissements locaux, notamment l’insécurité dans certaines régions — qui ralentit la mise en œuvre des projets et dissuade les entreprises de soumissionner aux appels d’offres — ainsi qu’une collaboration insuffisante entre les communes et les services déconcentrés de l’État.
Ces mêmes documents citent le prix de la « Commune modèle » et l’introduction de critères de performance dans la répartition des ressources transférées parmi les mesures destinées à améliorer l’exécution. M. Emini a précisé que le mécanisme de sélection évalue la préparation des projets, la passation des marchés, la mise en œuvre effective ainsi que le suivi et l’évaluation après exécution. Cela signifie que des communes affichant des taux d’exécution du BIP (Budget d’Investissement Public) similaires peuvent obtenir des résultats globaux de performance différents. Ce prix permet également aux communes de bénéficier de ressources supplémentaires pour l’investissement local.
Nicky Love Maptué Fotso, maire de Pète-Bandjoun, a indiqué que sa municipalité avait exécuté 100 % de son budget d’investissement public en 2025, avec des projets incluant la réhabilitation et la construction d’écoles, de routes rurales et communales, des opérations de reboisement ainsi que la construction de boutiques. « Nous avons réalisé 100 % des projets dans les délais impartis. Au-delà du chiffre ou de la note, cela se traduit par des améliorations concrètes pour la population grâce à la réhabilitation et à la construction d’écoles, aux routes agricoles et communales, au reboisement et à la construction de boutiques », a déclaré Mme Maptué Fotso.
Christian Trésor Adong




