(BFI) – BGFI Holding Corporation a officiellement lancé, ce mardi 15 septembre 2026, la deuxième phase de son augmentation de capital par appel public à l’épargne sur la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC). Cette étape, ouverte jusqu’au 15 octobre 2026, vise à lever 80,558 milliards de FCFA via l’émission de 1 006 975 actions nouvelles, sous la co-direction de BGFIBourse et EDC Investment Corporation
Quatre mois après avoir sonné la cloche de la BVMAC le 7 mai 2026, BGFI Holding Corporation revient chercher des capitaux sur le marché financier d’Afrique centrale. La deuxième phase de son placement s’ouvre le 15 septembre et court jusqu’au 15 octobre 2026, avec un objectif chiffré à 80,558 milliards de FCFA. Le prix unitaire de l’action reste fixé à 80 000 FCFA, dans la continuité de la première tranche. L’opération est pilotée conjointement par BGFIBourse et EDC Investment Corporation, filiale du groupe panafricain Ecobank.
Cette séquence prolonge l’augmentation de capital enclenchée en novembre 2025 par le holding gabonais. La première cotation, au printemps 2026, avait permis d’installer la valeur sur la place de Douala et de tester l’appétit des investisseurs régionaux pour un actif bancaire de premier plan. En rouvrant les guichets pour un montant supérieur à 80 milliards de FCFA, la direction du groupe cherche à consolider ses fonds propres et à élargir son actionnariat au-delà du noyau historique.
Un signal fort pour la place financière d’Afrique centrale
Le retour de BGFI Holding à la BVMAC intervient à un moment charnière pour le marché unifié de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale peine encore à densifier sa cote et à drainer une épargne longue à la hauteur des besoins de financement de la sous-région. Une opération de cette ampleur, portée par le premier groupe bancaire de la zone, constitue donc un test grandeur nature de la profondeur du marché.
Le choix d’un tandem d’arrangeurs associant BGFIBourse et EDC Investment Corporation n’est pas anodin. Il combine la connaissance intime du tissu d’investisseurs gabonais et congolais avec la force de frappe régionale d’Ecobank, présent dans une trentaine de pays africains. Ce montage vise à sécuriser la couverture de l’émission, dans un contexte où les levées de fonds actions restent rares au sud du Sahara hors Nigeria, Afrique du Sud et zone UEMOA.
Renforcer les fonds propres pour accompagner l’expansion
Derrière l’objectif de 80,6 milliards de FCFA se lit une stratégie de long terme. BGFIBank, présent au Gabon, au Congo, au Cameroun, en Guinée équatoriale, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, au Bénin, à Sao Tomé, à Madagascar et en France, doit composer avec des exigences prudentielles de plus en plus contraignantes. Les régulateurs de la CEMAC comme ceux de l’Union monétaire ouest-africaine relèvent progressivement les ratios de solvabilité et de liquidité, sur le modèle des standards de Bâle III.
Renforcer le capital du holding, c’est aussi doter les filiales des marges de manœuvre nécessaires pour financer les grands comptes de la région, notamment dans les hydrocarbures, les infrastructures et l’agro-industrie. La levée en cours doit permettre au groupe de suivre ses clients sur des tickets plus lourds, tout en absorbant l’éventuelle montée des risques dans un environnement macroéconomique heurté par la volatilité des cours des matières premières.
Un test pour l’épargne régionale
La réussite de cette deuxième phase dépendra en grande partie de la mobilisation des institutionnels de la sous-région : compagnies d’assurance, caisses de sécurité sociale, fonds souverains et grandes entreprises publiques. La capacité de la BVMAC à attirer aussi des investisseurs particuliers, encore marginaux dans le total de la capitalisation, sera scrutée. Le prix de 80 000 FCFA par action, inchangé depuis mai, envoie un signal de stabilité qui devrait rassurer les souscripteurs de la première heure.
Reste à mesurer, à la clôture le 15 octobre, si l’opération atteindra sa cible ou si elle contraindra le holding à ajuster son calendrier de croissance. Une souscription intégrale positionnerait BGFI Holding Corporation parmi les plus importantes capitalisations bancaires de la BVMAC et renforcerait la crédibilité du marché comme relais de financement pour les champions régionaux.
André Noir




