(BFI) – Bien que la filiale camerounaise soit l’une des plus performantes de la banque panafricaine en Afrique francophone, le groupe se heurte depuis plusieurs années à la bureaucratie locale pour sécuriser un terrain définitif. L’établissement nigérian souhaite construire, à Yaoundé ou à Douala, un immeuble destiné à centraliser le pilotage de ses opérations en Afrique centrale, notamment en RDC, au Tchad, au Gabon et au Congo.
Plus de quatre ans après avoir annoncé son intention d’installer son siège régional dans le pays, United Bank for Africa n’a toujours pas trouvé de terrain. Deux sites envisagés, à Yaoundé et Douala, lui ont échappé, suscitant l’agacement de la direction.
De passage à Yaoundé en mars, Oliver Alawuba, directeur général de United Bank for Africa (UBA), n’a pas caché son exaspération face aux faibles avancées du projet de siège régional de la banque au Cameroun. L’établissement nigérian souhaite construire, à Yaoundé ou à Douala, un immeuble destiné à centraliser le pilotage de ses opérations en Afrique centrale, notamment en RDC, au Tchad, au Gabon et au Congo.
Plusieurs années après avoir engagé ses premières démarches auprès des autorités camerounaises, UBA n’a toujours pas obtenu le terrain nécessaire. Le projet ne date pas d’hier. Le 7 février 2022, Tony Elumelu, alors président du groupe, l’avait présenté comme l’une de ses principales ambitions au Cameroun à l’issue d’une audience avec Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général à la présidence du pays. Le dossier avait ensuite été transmis au ministère des domaines, du cadastre et des affaires foncières (Mindcaf), dirigé par Henri Eyebe Ayissi, afin de faciliter l’attribution d’un site.
Un projet en sursis
Les recherches ont conduit UBA et les autorités à examiner au moins deux emprises. À Yaoundé, la banque a jeté son dévolu sur une parcelle située sur le boulevard du 20-Mai, face au Hilton, mais celle-ci a finalement été attribuée à un autre opérateur. Dans la capitale économique, les discussions ont porté sur un terrain dans le quartier Bali. Là encore, la piste n’a pas abouti, la communauté urbaine de Douala ayant finalement récupéré le site. De retour à Yaoundé en février 2025, l’ex-président d’UBA, Tony ELumelu, alors encore en exercice, a publiquement pointé les lenteurs et les problèmes de « bureaucratie administrative » rencontrés par son groupe, qui n’abandonne pas pour autant son projet.
UBA a intensifié ces derniers mois ses discussions avec le gouvernement. Le Mindcaf travaille désormais à l’identification de deux nouvelles emprises susceptibles d’accueillir le siège régional. La banque espère boucler le dossier avant la fin de l’année. Faute d’avancée d’ici là, la direction pourrait réexaminer la suite à donner au projet.
Une filiale très rentable
Ces difficultés foncières contrastent avec le poids du Cameroun dans le dispositif africain d’UBA. À la fin de l’année 2025, la filiale locale affichait des actifs de plus de 2 050 milliards de nairas (environ 1,53 milliard de dollars), soit l’un des principaux marchés du groupe en Afrique francophone. UBA Cameroun a néanmoins perdu, en 2025, sa place de filiale africaine la plus rentable du groupe hors Nigeria, au profit de celle en Côte d’Ivoire.
Les difficultés rencontrées par UBA ne constituent pas un cas isolé. Afreximbank, qui a choisi dès 2019 d’installer son bureau régional d’Afrique centrale au Cameroun, cherche en vain à sécuriser un site définitif pour son implantation. Yaoundé avait pourtant été retenu face à certaines capitales de la sous-région, notamment Libreville, Brazzaville et Kinshasa. Plusieurs années plus tard, les difficultés d’accès au foncier retardent toujours la matérialisation de cet investissement.




