(BFI) – Le Cameroun a mobilisé près de 800 milliards de Fcfa pour le Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l’Extrême-Nord (PSRDREN), contre 600 milliards de Fcfa annoncés en 2025, grâce à l’accélération des travaux sur les grands axes routiers et les infrastructures urbaines. Ce nouveau montant a été dévoilé à Yaoundé le 31 août, lors de la deuxième session du comité de pilotage du programme, présidée par le ministre de l’Économie, de la Planification et du Développement régional, Alamine Ousmane Mey.
La réunion a permis d’évaluer les progrès accomplis en 2025, notamment la réalisation des grands projets d’infrastructure. Créé en 2022, le programme prévoit un besoin d’investissement estimé à 1 822 milliards de Fcfa. Les près de 800 milliards de Fcfa mobilisés représentent environ 44 % des besoins de financement prévus. Les fonds proviennent de l’État et de partenaires au développement, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne et la Banque islamique de développement.
Il est ressorti de la réunion que les infrastructures routières représentent une part importante des projets en cours de réalisation. Les travaux de reconstruction se sont intensifiés sur le tronçon Mora-Waza-Dabanga-Kousseri de la Route Nationale n° 1, axe stratégique reliant le Cameroun au Tchad. Le pont Yagoua-Bongor, enjambant le fleuve Logone et inauguré en avril 2025, assure une liaison plus sûre entre Yagoua au Cameroun et Bongor au Tchad. Parmi les autres routes bénéficiant d’un financement figurent les tronçons Maroua-Moutourwa, Magada-Guidiguis et Guidiguis-Yagoua. La route Maroua-Bogo-Guirvidig-Pouss est également en cours de modernisation grâce au soutien de la BAD.
Lors de la réunion, le ministre Ousmane Mey a déclaré que les routes urbaines de Maroua avaient été transformées, tandis que la reconstruction s’intensifiait sur la Route Nationale n° 1 et d’autres axes grâce au financement de partenaires internationaux. Il a ajouté que ces projets d’infrastructure étaient menés conjointement avec un soutien aux associations d’agriculteurs, aux coopératives et aux Groupements d’Initiatives Communes. « Des mesures fortes ont été prises pour renforcer leur capacité productive, avec l’ambition de créer des emplois, de générer des richesses et de consolider la cohésion socio-économique. Je tiens également à saluer le rôle essentiel des Forces de défense et de sécurité dans la mise en œuvre des instructions du Président de la République dans le cadre du Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l’Extrême-Nord. Sans paix, sécurité et stabilité, il est difficile de parler de développement », a déclaré Ousmane Mey.
Au-delà des transports, le projet PACRI-MDK, d’un montant de 236 milliards de Fcfa et cofinancé par la Banque mondiale et le gouvernement camerounais, comprend des infrastructures communautaires destinées aux populations touchées par l’insécurité, notamment les personnes déplacées et les communautés d’accueil. Un autre projet, d’un montant de 157 milliards de Fcfa, prévoit des travaux routiers visant à améliorer la mobilité, à faciliter l’accès aux zones locales et à soutenir l’activité du secteur privé.
Le programme CAP2E, soutenu par la BAD, dispose d’un financement de 89,2 milliards de Fcfa pour le développement des compétences, l’emploi et l’entrepreneuriat. Ce programme couvre également l’irrigation, les chaînes de valeur agricoles, la gestion de l’eau et la sécurité alimentaire. La Banque islamique de développement a octroyé 26,61 milliards de Fcfa à un projet agricole, tandis que le soutien aux groupements d’agriculteurs vise à accroître la production locale, l’emploi et les revenus des ménages.
Omer Kamga




