(BFI) – Le Cameroun a octroyé 70 millions de Fcfa à 35 projets développés localement afin d’aider leurs porteurs à passer du prototype à la production commerciale. Ce financement a été accordé par l’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises (APME) dans le cadre de la sixième édition du Fonds d’appui au prototypage, également appelé Fonds-Proto. Les lauréats ont été annoncés à Yaoundé le 25 août.
Le programme associe des subventions à un accompagnement technique couvrant le développement de prototypes, la formalisation de l’entreprise, la protection de la propriété intellectuelle et la production de préséries pour les tests de marché. Selon les chiffres présentés par la APME lors de la cérémonie, l’édition 2026 a reçu 2 919 candidatures en ligne, dont 1 495 dossiers complets. Un premier jury a présélectionné 51 projets, puis un grand jury en a retenu 35 pour le financement.
Les subventions s’échelonnent de 1,5 million à 7 millions de Fcfa. Les cinq meilleurs projets ont reçu respectivement 7 millions de Fcfa, 4,5 millions de Fcfa, 3,5 millions de Fcfa, 3 millions de Fcfa et 2,5 millions de Fcfa. Les projets classés de la sixième à la dixième place ont reçu 2 millions de Fcfa chacun, tandis que ceux classés de la onzième à la trente-cinquième place ont reçu 1,5 million de Fcfa chacun. Deux prix supplémentaires d’un million de Fcfa ont été décernés à une femme et à un jeune innovateur.
Le premier prix a été attribué à Djoumene Lagloire, de la région du Littoral, pour un projet de création d’une unité de production semi-industrielle de chaussures utilisant des pneus recyclés et du cuir d’origine locale. Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, Achille Bassilekin III, a déclaré que les projets sélectionnés bénéficieraient d’un soutien à différentes étapes de leur développement vers la production, notamment pour la réalisation de prototypes, la formalisation des entreprises, la protection de la propriété intellectuelle et la production de préséries.
Le directeur général de la APME, Jean-Marie Louis Badga, a indiqué que le fonds évalue les projets en fonction de leur pertinence, de leur utilité, de leur faisabilité, de leur rentabilité et de leur potentiel de création de croissance ou d’emplois. Le programme vise à aider les innovateurs à passer du développement de prototypes à la commercialisation de produits et à la création d’entreprises.
Depuis son lancement en 2020, Fonds-Proto a soutenu le développement de 71 prototypes et la création de 47 PME, selon les chiffres présentés par l’APME. Les entreprises sélectionnées peuvent également être formalisées auprès des Centres de Formalisation de Création d’Entreprises du Cameroun.
Du prototype au marché
Fonds-Proto a été mis en place comme un mécanisme public d’amorçage destiné à transformer des produits et services conçus localement en entreprises commercialement viables. Le programme réunit entrepreneurs, investisseurs, banques, institutions publiques et collectivités territoriales et encourage l’innovation productive et la recherche collaborative.
Parmi les bénéficiaires de cette année figure Kamazong Fosso Willi Zita, qui a développé une presse à huile de neem fabriquée localement. Elle a indiqué que la subvention servirait à améliorer un prototype existant et à préparer l’équipement pour les producteurs de l’Extrême-Nord du Cameroun, où les graines de neem sont souvent pressées manuellement.
Jato Mark Bimi a également reçu un soutien pour un système de traçabilité par QR code basé sur la blockchain pour les produits à base de tournesol. Le système est conçu pour permettre aux acheteurs de retracer l’origine des produits jusqu’aux agriculteurs et d’accéder à des informations sur les semis, les récoltes et la transformation.
Ces récompenses interviennent alors que le Cameroun cherche à accroître la part des biens transformés et fabriqués localement dans son économie. Les données de l’Institut national de la statistique montrent que le chiffre d’affaires avant impôt des entreprises du secteur moderne a progressé de 12,7 % en 2024, contre 0,9 % en 2023. L’enquête a porté sur 1 129 entreprises, représentant 88 % du chiffre d’affaires et 75 % des emplois permanents du secteur.
Cédric Boyomo




