AccueilSecteursBtp & InfrastructuresLe Projet BRT de Douala nécessite un financement supplémentaire de 104,6 milliards...

Le Projet BRT de Douala nécessite un financement supplémentaire de 104,6 milliards de Fcfa pour maintenir son périmètre actuel

-

Faute de ressources nouvelles ou d’un allègement fiscal, ce déficit pourrait conduire à un redimensionnement du BRT lors de la revue de restructuration annoncée avec la Banque mondiale à la fin de septembre 2026. Le scénario désormais envisagé consisterait à remplacer le système « lourd » initialement retenu par une infrastructure plus légère, moins coûteuse, mais aussi moins performante.

Les voies de rabattement alourdissent la facture

L’essentiel du dépassement provient de la prise en charge de 66 km supplémentaires de voies de rabattement, destinées à mieux relier les quartiers de Douala au corridor principal. Leur réalisation porterait à environ 80 km le linéaire total de ces voiries autour du BRT.

Dans une correspondance datée du 13 juillet 2026, le ministère des Finances retient une assiette de 226 milliards de FCFA hors taxes lorsque ces travaux additionnels sont exclus. Leur intégration porte l’estimation à 306,4 milliards de FCFA hors taxes, soit une hausse arithmétique de 80,4 milliards de FCFA, ou 35,6 %, sur une base comparable. À ce montant s’ajoutent environ 58,9 milliards de FCFA de TVA, pour un coût total arrondi à 365,4 milliards de FCFA TTC, selon le document du projet consulté par Investir au Cameroun.

Un allègement fiscal pour effacer la moitié du déficit

Pour réduire le besoin de financement, le Comité de pilotage du PMUD, présidé par le maire de Douala, sollicite un traitement fiscal adapté. La Communauté urbaine de Douala avait déjà saisi le ministère des Finances en décembre 2024 afin d’obtenir des exonérations. Des discussions ont ensuite associé le ministère de l’Économie, la Banque mondiale ainsi que les administrations fiscales et douanières.

Au 27 juillet 2026, aucun arbitrage définitif n’avait cependant été rendu. La Direction générale des Impôts attendait notamment le retour du ministère de l’Économie. La Direction générale des Douanes devait encore examiner plusieurs mécanismes, dont les lettres-cadres, l’enlèvement direct et l’admission temporaire, tandis que le ministère des Finances devait apprécier leur compatibilité avec les accords de financement existants.

Selon le scénario défendu par le Comité de pilotage, l’exécution du projet hors taxes réduirait le déficit d’environ 54 milliards de FCFA, soit un peu plus de la moitié du besoin actuel. Le reliquat, proche de 50 milliards de FCFA, devrait ensuite faire l’objet d’une demande de financement complémentaire auprès de la Banque mondiale.

Cette option ne réduit toutefois pas le coût technique des infrastructures. Elle diminue le besoin de trésorerie supporté par le projet en transférant une partie de l’effort vers l’État, sous la forme de recettes fiscales auxquelles celui-ci renoncerait. L’incidence budgétaire nette de ce traitement fiscal n’est pas précisée dans les éléments consultés.

Le scénario d’un BRT allégé gagne du terrain

Le 28 juillet 2026, la Banque mondiale a proposé d’examiner une version allégée du BRT. Le déficit de financement n’est pas le seul facteur invoqué : certains sites destinés aux centres d’exploitation et de maintenance ne sont pas encore sécurisés, tandis que la clôture du projet est fixée au 16 juin 2028.

Un BRT léger permettrait de réduire l’investissement initial et d’accélérer la mise en service. En contrepartie, sa capacité de transport serait plus faible et sa vitesse commerciale se situerait entre 18 et 25 km/h, selon le document du projet. Le système lourd pourrait, lui, atteindre une vitesse moyenne de 35 km/h et absorber une demande nettement plus importante.

Un changement de technologie obligerait par conséquent à revoir le périmètre physique du projet, mais aussi ses objectifs d’exploitation. Les cibles de 535 000 passagers par jour et de 251 bus, toujours inscrites dans le rapport de mise en œuvre publié par la Banque mondiale en mars 2026, devraient être recalibrées. L’économie du partenariat public-privé prévu pour financer la flotte, exploiter et entretenir le BRT devrait également être réexaminée, car elle dépend notamment du niveau de fréquentation, de la taille du parc et des recettes attendues.

Un projet déjà sous contrainte de calendrier

Le PMUD a été approuvé le 2 juin 2022 pour un coût global de 540 millions de dollars, dont 420 millions apportés par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA). Le schéma initial prévoyait aussi une participation privée espérée de 100 millions de dollars pour le matériel roulant et 20 millions de dollars de fonds de contrepartie pour les réinstallations, selon un aide-mémoire de la Banque mondiale publié en 2022.

Avant même l’actualisation financière de juillet, la Banque mondiale classait, au 3 mars 2026, les progrès vers l’objectif de développement et l’avancement global du projet comme « modérément insatisfaisants ». Le risque global était jugé « élevé » et l’institution signalait des retards susceptibles d’affecter le calendrier d’exécution.

L’allègement fiscal demandé par la Communauté urbaine de Douala ne réglerait donc qu’une partie de l’équation : même dans cette hypothèse, près de 50 milliards de FCFA resteraient à financer. La revue annoncée pour septembre devra arbitrer entre la mobilisation de ressources additionnelles, la réduction des travaux de rabattement et l’abandon du format lourd. Ce choix déterminera non seulement le coût du projet, mais aussi la capacité, la vitesse commerciale et le modèle économique du futur réseau de transport de masse de Douala.

Rédaction
Rédaction
Média multi-support édité par l’Agence Rhéma Service, cabinet de communication et de stratégie basé à Douala, Business & Finance International regroupe des partenaires internationaux issus du monde des médias, des affaires et de la politique, mus par la volonté de fournir une information vraie, crédible et exploitable pour un investissement sûr en Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici