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L’insécurité alimentaire menace 2,6 millions de Camerounais hors des zones de conflit

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Sur les quelque 4,5 millions de personnes recensées dans les zones à risque entre janvier et mars, 1,8 million vivaient dans des régions directement touchées par le conflit, notamment l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les 2,6 millions restants vivaient dans des zones relativement épargnées par ces crises sécuritaires. Ces chiffres montrent que la vulnérabilité alimentaire ne peut s’expliquer uniquement par les déplacements de population, l’insécurité ou les perturbations de l’activité économique causées par le conflit. Elle touche également des zones où les marchés fonctionnent mieux et où la production agricole est considérée comme plus stable. Selon l’INS, les populations concernées représentent respectivement 17 % et 13 % des populations des deux catégories de zones.

Vulnérabilité moins sévère mais persistante

La situation demeure moins grave dans les zones non touchées par le conflit. Environ un ménage sur cinq y souffre d’insécurité alimentaire. L’INS attribue cette relative résilience à un meilleur accès aux marchés, à une production agricole plus stable et à une plus grande diversification des sources alimentaires. Les tendances observées au cours des trois derniers mois témoignent également d’une relative stabilité. Dans huit des dix régions du Cameroun, la part des ménages en situation d’insécurité alimentaire n’a pas connu de variation significative. Seuls le Nord et le Nord-Ouest ont enregistré une légère augmentation du nombre de ménages concernés.

Cependant, la stabilité ne signifie pas une amélioration. L’INS met en garde contre le risque que cette relative stabilité nationale masque une détérioration localisée susceptible d’apparaître dans les zones les plus vulnérables, notamment au Nord. Pour les zones non touchées par le conflit, l’institut prévoit le maintien de la situation actuelle, sans amélioration significative ni détérioration majeure. Ceci accroît le risque qu’une part importante de la population demeure en situation de vulnérabilité alimentaire persistante, même en dehors des zones affectées par des crises sécuritaires.

5,4 millions de personnes à risque en moyenne au premier trimestre

Au niveau national, les indicateurs se sont améliorés au cours du trimestre. La proportion de la population considérée à risque a diminué, passant de 22 % en janvier à 16 % en février, selon l’INS. Sur l’ensemble du premier trimestre 2026, ce taux s’est toutefois établi en moyenne à 18 %, soit environ 5,4 millions de personnes. Ce chiffre révèle une vulnérabilité importante malgré des améliorations temporaires de certains indicateurs. Il convient de distinguer cette estimation des 4,5 millions de personnes vivant dans des zones identifiées comme exposées à des risques aigus d’insécurité alimentaire entre janvier et mars. Ces deux chiffres se rapportent à des indicateurs statistiques et à des populations différentes et ne doivent pas être considérés comme équivalents.

Les conclusions de l’INS élargissent le problème au-delà de l’urgence humanitaire dans les régions du Cameroun touchées par le conflit. Dans les zones relativement stables, l’insécurité alimentaire persistante soulève également des questions quant aux revenus des ménages, à la capacité des familles à absorber la hausse des prix et à l’efficacité des systèmes de production et de distribution alimentaires. La stabilité relative enregistrée au premier trimestre ne fait donc pas disparaître la menace. Cela indique plutôt qu’une part importante de la population reste proche du seuil de vulnérabilité et pourrait sombrer dans une insécurité alimentaire accrue suite à un choc affectant les prix, les récoltes ou les revenus des ménages.

Omer Kamga

Rédaction
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