AccueilSecteursAgricultureDangote place le Cameroun sur la carte de ses ambitions africaines dans...

Dangote place le Cameroun sur la carte de ses ambitions africaines dans les engrais

-

A l’issue d’une rencontre avec les autorités camerounaises, le responsable s’est rendu dans les installations de Dangote Cement Cameroon. Le communiqué publié par la filiale ne fait état d’aucun projet d’investissement formellement arrêté. Son contenu éclaire toutefois les intentions du groupe. Selon ce document, Devakumar Edwin « a évoqué l’immense potentiel qu’offre le Cameroun, notamment dans l’industrie des engrais et le secteur de la distribution. Il s’est montré optimiste quant au renforcement de la présence et des investissements du groupe Dangote dans le pays afin de créer de nouvelles opportunités de croissance économique et de développement industriel ».

Cette déclaration prend une tout autre portée lorsqu’elles sont replacé dans la stratégie d’expansion continentale de Dangote dans les fertilisants. En quelques années, le groupe a engagé près de 7 milliards de dollars pour bâtir un dispositif industriel destiné à approvisionner une large partie de l’Afrique. Son usine de Lekki, au Nigéria, réalisé pour environ 2,5 milliards de dollars, affiche une capacité de 3 millions de tonnes d’urée par an, dont une partie est déjà commercialisée sur le marché camerounais.

L’expansion est loin de s’arrêter là. En Ethiopie, Dangote prépare un nouveau complexe estimé à plus de 4 milliards de dollars. A terme, le groupe ambitionne de porter sa capacité annuelle de production à 9 millions de tonnes d’urée et de déployer une vingtaine d’unités de mélange d’engrais à travers le continent d’ici à 2028. Dans cette stratégie de maillage industriel, le Cameroun apparait comme une destination crédible. Première économie de la Cemac, souvent présentée comme le grenier agricole de l’Afrique centrale grâce à la diversité de ses bassins de production, le pays dispose d’importants besoins en fertilisants, nourris par une agriculture qui demeure l’un des principaux moteurs de son économie.

Un marché sui reste largement ouvert

Si le Cameroun attire aujourd’hui l’intérêt du premier producteur africain d’engrais, c’est aussi parce que son marché offre encore d’importantes perspectives de développement. La demande nationale continue, en effet, d’être couverte par les importations. Les données de la dernière conjoncture économique montrent que les achats d’engrais à l’étranger ont atteint 44,4 milliards de Fcfa au premier semestre 2025, contre 40,2 milliards de Fcfa un an plus tôt, soit une hausse de 10,4%. Les statistiques de l’institut national de la statistique (INS) illustrent également cette dépendance. Entre 2021 et 2023, le Cameroun a importé des engrais pour une valeur cumulée de 173,9 milliards de Fcfa. Pour la seule année 2023, ces importations ont représenté 228 326 tonnes, pour une facture de 70,9 milliards de Fcfa.

Cette forte dépendance commence toutefois à s’atténuer avec l’émergence d’une production locale. En mai 2025, Hydrochem Cameroun a mis en service, à Douala, une unité de fabrication d’engrais d’une capacité de 120 000 tonnes par an, extensible à 150 000 tonnes. Selon le ministère de l’agriculture et du développement rural (Minader), cette installation pourrait permettre de réduire de moitié les importations annuelles du pays.

L’Etat entend néanmoins aller plus loin en favorisant l’émergence d’une véritable industrie nationale des engrais. Dans cette perspective, le ministère des mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt) a lancé un appel à manifestation d’intérêt en vue de recruter des cabinets chargés de réaliser l’étude de Front-End Engineering Design (FEED) d’une future usine d’engrais chimiques.

Inscrit dans le Document économique et budgétaire à moyen terme 2026-2028, ce projet évalué à 500 milliards de Fcfa devrait être développé dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). Si Dangote n’a, à ce stade, annoncé aucune intention de s’y associer, les signaux envoyés par le groupe montrent que le Cameroun figure désormais parmi les marchés africains où il envisage de renforcer durablement sa présence.

Rédaction
Rédaction
Média multi-support édité par l’Agence Rhéma Service, cabinet de communication et de stratégie basé à Douala, Business & Finance International regroupe des partenaires internationaux issus du monde des médias, des affaires et de la politique, mus par la volonté de fournir une information vraie, crédible et exploitable pour un investissement sûr en Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici