(BFI) – La Fondation MTN Cameroon annonce la nomination du Professeure émérite Rose Gana Fomban Leke à la Présidence de son Conseil d’administration et du Professeur émérite Jean-Emmanuel Pondi à la Vice-présidence, renforçant ainsi son engagement en faveur d’une gouvernance solide et d’un impact social durable.
La Fondation MTN Cameroun recompose sa gouvernance autour de deux personnalités issues du monde universitaire. Dans un communiqué daté du 10 juillet 2026, l’organisation annonce la nomination de la professeure émérite Rose Gana Fomban Leke à la présidence de son conseil d’administration et celle du professeur émérite Jean-Emmanuel Pondi à la vice-présidence. Ce changement intervient alors que les fondations d’entreprise sont de plus en plus attendues sur la transparence de leurs interventions, la mesure de leur impact et l’alignement de leurs programmes sur les besoins réels des populations.
La nouvelle architecture associe des compétences scientifiques et académiques à la direction opérationnelle de MTN Cameroun. Elle devra superviser les interventions de la Fondation dans quatre domaines présentés comme prioritaires : la santé, l’éducation, l’inclusion numérique et le développement communautaire.
Rose Leke, une scientifique à la tête du conseil
La nomination de Rose Gana Fomban Leke place une personnalité extérieure aux métiers des télécommunications au sommet de la gouvernance de la Fondation. Professeure émérite d’immunologie et de parasitologie à l’Université de Yaoundé I, elle a consacré une part importante de ses recherches au paludisme, notamment à ses conséquences sur les femmes enceintes et les enfants.
Son parcours dépasse le cadre universitaire. La scientifique camerounaise a participé à plusieurs instances nationales et internationales de santé publique et présidé la Commission régionale africaine de certification de l’éradication de la poliomyélite. Lauréate en 2024 du Prix international L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science, elle est également engagée dans la formation et l’accompagnement des jeunes chercheuses africaines. L’UNESCO retrace notamment son action dans la lutte contre le paludisme et la poliomyélite.
À la présidence de la Fondation MTN Cameroun, son expérience pourrait peser sur la sélection, le suivi et l’évaluation des projets liés à la santé. Mais sa nomination ne constitue pas, en elle-même, une garantie de résultats. L’enjeu sera de traduire cette compétence scientifique en mécanismes de gouvernance capables de distinguer les opérations ponctuelles des interventions produisant des effets mesurables dans la durée.
Jean-Emmanuel Pondi, l’expertise institutionnelle en appui
La vice-présidence revient à Jean-Emmanuel Pondi, professeur de science politique et spécialiste des relations internationales. Ancien directeur de l’Institut des relations internationales du Cameroun, l’IRIC, il a également exercé plusieurs fonctions administratives dans l’enseignement supérieur, notamment au sein des universités de Yaoundé I et Yaoundé II. Son parcours universitaire fait apparaître une longue expérience de la coopération, de l’administration académique et des relations institutionnelles.
Ce profil apporte au conseil une compétence différente de celle de Rose Leke. Là où la nouvelle présidente incarne l’expertise scientifique et sanitaire, le vice-président dispose d’une connaissance des institutions, des partenariats et des mécanismes de coopération. Cette complémentarité pourra être utile dans la conduite de programmes nécessitant l’intervention simultanée des administrations publiques, des universités, des collectivités territoriales et des partenaires techniques.
Le choix de deux universitaires expérimentés à la tête du conseil traduit ainsi une volonté d’élargir la gouvernance de la Fondation au-delà du périmètre strict de l’entreprise. Il faudra toutefois observer le degré d’autonomie dont disposera cette présidence dans la définition des priorités, l’allocation des ressources et l’évaluation des projets.
Une gouvernance qui reste étroitement liée à MTN
Le nouveau conseil comprend également Wanda Matandela, directeur général de MTN Cameroun, ainsi qu’Alain Nono, directeur général de MTN Mobile Money Corporation. Deux représentantes du personnel y siègent : Colette Ewombe Bapeck pour MTN Cameroun et Evelyn Agiam pour MTN Mobile Money Corporation.
Sa composition repose donc sur un équilibre entre personnalités académiques, dirigeants de l’entreprise et représentation des salariés. Cette configuration permet à la Fondation de conserver un lien direct avec les ressources, les compétences et les orientations du groupe. Elle pose parallèlement une question classique pour les fondations d’entreprise : comment assurer une supervision suffisamment indépendante tout en restant intégrée à la stratégie de l’organisation qui la finance ?
Créée en 2005, la Fondation MTN Cameroun indique recevoir chaque année l’équivalent de 1 % du bénéfice après impôt de MTN Cameroun pour financer ses activités. Elle intervient notamment dans la santé, l’éducation, le développement communautaire, l’environnement, l’art et la culture.
La présence de Rose Leke et de Jean-Emmanuel Pondi devra donc contribuer à renforcer la doctrine d’intervention de l’institution : identifier les besoins prioritaires, fixer des critères de sélection transparents, suivre les résultats et rendre compte de l’utilisation des ressources. Dans un environnement où les initiatives sociales des grandes entreprises sont souvent évaluées à travers leur visibilité immédiate, le véritable test résidera dans la capacité du nouveau conseil à documenter leur impact.
Une transition après le mandat de Sanda Oumarou
La nouvelle équipe succède au conseil conduit par Sanda Oumarou, président sortant, et Ruth Bamela Engo, vice-présidente sortante. La Fondation a également salué le départ des administrateurs Henriette Meilo et Alain Malong. Cette transition ouvre une nouvelle séquence de gouvernance, mais elle ne marque pas encore un changement de stratégie clairement détaillé. Le communiqué confirme la continuité des programmes dans la santé, l’éducation, l’inclusion numérique et le développement communautaire, sans annoncer de calendrier, de budget supplémentaire ni de nouveaux indicateurs de performance.
L’importance de ces nominations se mesurera donc moins au prestige des personnalités choisies qu’à leur capacité à imposer une gouvernance exigeante. Pour la Fondation MTN Cameroun, le prochain chapitre devra être celui de la preuve : celle de projets mieux ciblés, d’investissements traçables et de résultats sociaux pouvant être évalués au-delà de la communication institutionnelle.
Avec CameroonCEO



