(BFI) – Le Cameroun a lancé un programme triennal de préparation aux pandémies, doté d’un budget de près de 160 millions de dollars (91 milliards de Fcfa). Le gouvernement et ses partenaires au développement cherchent ainsi à renforcer la capacité du pays à détecter et à contenir les épidémies avant qu’elles ne s’aggravent. Ce financement comprend une subvention de 23,5 millions de dollars du Fonds pandémique, un cofinancement de 112,3 millions de dollars de partenaires au développement et 24 millions de dollars du gouvernement camerounais.
Selon le ministère de la Santé publique et président du Fonds pandémique, ces fonds serviront à renforcer la surveillance épidémiologique, les capacités des laboratoires, les systèmes de réponse aux urgences et la formation du personnel de santé, dans le cadre de l’approche « Une seule santé ». Ce programme intervient alors que le Cameroun est confronté à de multiples risques sanitaires liés aux déplacements de population, à l’insécurité régionale, aux catastrophes naturelles et à l’interaction croissante entre l’homme et la faune sauvage, autant de facteurs qui accroissent l’exposition du pays aux épidémies avant même qu’elles ne soient détectées et maîtrisées.
Un volet important du projet sera consacré à l’amélioration de la surveillance. Le gouvernement prévoit de renforcer la surveillance aux principaux points d’entrée, de créer sept centres d’appels régionaux et de numériser la surveillance communautaire dans plus de 40 municipalités. La surveillance de la résistance aux antimicrobiens sera également étendue grâce à 42 sites sentinelles. Ce programme vise à améliorer l’échange d’informations entre les services de santé publique, vétérinaires et environnementaux, permettant ainsi aux autorités d’identifier plus rapidement les menaces émergentes.
Ces investissements s’inscrivent dans le cadre de l’objectif mondial 7-1-7, qui prévoit la détection d’une épidémie suspectée dans un délai de sept jours, son signalement dans un délai d’un jour et une réponse efficace dans les sept jours suivants. Les capacités des laboratoires bénéficieront d’un soutien important. Cinquante laboratoires devraient améliorer leurs systèmes de contrôle de la qualité et de diagnostic, tandis que trois laboratoires nationaux de référence seront modernisés afin de répondre aux normes internationales ISO. Le projet renforcera également le transport des échantillons biologiques et étendra la surveillance génomique des maladies prioritaires, notamment le choléra, la méningite et les fièvres hémorragiques. La capacité de réponse aux urgences est un autre axe prioritaire. Dix centres régionaux d’opérations d’urgence de santé publique seront équipés et activés, et des équipes intégrées d’intervention rapide seront formées pour intervenir lors d’épidémies et autres urgences sanitaires.
Ce programme formera également des épidémiologistes, des vétérinaires, des agents de santé communautaires, des responsables des collectivités locales et des professionnels de la santé environnementale. Il devrait améliorer la coordination entre les institutions impliquées dans la prévention et la riposte aux épidémies, ainsi que la gestion des fonds et des équipements alloués à la sécurité sanitaire.
Selon le Fonds de lutte contre la pandémie, sa mise en œuvre réussie permettra de renforcer les systèmes d’alerte précoce, de moderniser les réseaux de laboratoires, d’accroître les capacités de réponse aux urgences et d’améliorer la collaboration intersectorielle. Ce programme s’appuie sur les enseignements tirés de la riposte du Cameroun à la COVID-19, au choléra, à la variole et à d’autres épidémies, tout en consolidant le cadre de sécurité sanitaire à long terme du pays.
Christian Trésor Adong



