(BFI) – Un QR code de paiement interopérable destiné aux six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a été officiellement lancé le mercredi 29 juillet à Douala par Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Cette cérémonie solennelle marque l’entrée de l’espace communautaire dans une nouvelle ère d’inclusion financière et d’intégration monétaire numérique.
L’intégration financière en Afrique centrale passe notamment par le renforcement de l’interopérabilité des systèmes de paiement. La BEAC introduit un QR code interopérable pour simplifier les paiements dans la CEMAC. C’est une nouvelle étape dans la modernisation des systèmes de paiement de la sous-région.« Avec le QR Code standardisé et interopérable, les transactions deviendront plus rapides, plus sécurisées et plus faciles, tout en réduisant les risques liés à l’utilisation du cash », a indiqué le gouverneur.
Ce dispositif permettra de simplifier et d’unifier les paiements dans les six pays de la CEMAC. Les particuliers et les entreprises pourront l’utiliser pour effectuer des paiements auprès des commerçants et des prestataires de services à partir d’un standard commun, indépendamment de leur banque, de leur établissement de paiement ou de leur portefeuille électronique. En assurant l’interopérabilité entre les différents acteurs du marché, la Banque centrale entend simplifier les transactions, renforcer leur sécurité et favoriser le développement des paiements numériques.
Cette initiative répond à la volonté de la BEAC de mettre en place des infrastructures communes capables d’accompagner la transformation des services financiers et de renforcer l’intégration des marchés des paiements au sein de la communauté.
Une réforme engagée
Le lancement de cette infrastructure s’inscrit dans un processus amorcé plusieurs mois plus tôt. Début avril 2026, le Conseil d’administration de la BEAC avait approuvé des projets de règlement introduisant un QR code communautaire afin de faciliter les paiements instantanés et sécurisés dans les six États de la CEMAC.
Avec cette réforme, la BEAC entend harmoniser les moyens de paiement utilisés dans la sous-région et à lever les barrières techniques qui limitent encore les transactions entre les établissements financiers. L’objectif est de permettre aux banques, aux établissements de microfinance, aux établissements de paiement et aux opérateurs de monnaie électronique de fonctionner selon un référentiel commun, afin d’offrir à leurs clients des services pleinement compatibles.
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie de modernisation des systèmes de paiement, alors que les paiements numériques gagnent du terrain dans les pays de la CEMAC et que les autorités monétaires souhaitent accélérer l’adoption des moyens de paiement électroniques.
Une ouverture continentale
Le lancement du QR code intervient dans un contexte marqué par le rapprochement de la CEMAC avec les infrastructures de paiement africaines. Mercredi 8 juillet, Afreximbank a annoncé l’adhésion de la BEAC au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), développé en partenariat avec l’Union africaine afin de faciliter les paiements transfrontaliers en monnaies africaines.
Cette adhésion prévoit l’intégration des banques et des établissements financiers de la CEMAC au réseau PAPSS d’ici fin 2026. Les travaux techniques engagés par la Banque centrale et le PAPSS permettront de connecter les acteurs du système financier régional à cette plateforme continentale.
À terme, les entreprises et les particuliers pourront effectuer des paiements entre plusieurs pays africains en monnaies locales, sans passer de manière systématique par le dollar ou l’euro. Selon M. Yvon Sana Bangui, cette évolution contribuera à renforcer les échanges financiers entre la CEMAC et le reste du continent, en mettant les infrastructures de paiement au service de l’intégration économique africaine.



