(BFI) – Selon le dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le Cameroun a attiré 332 milliards de Fcfa d’investissements directs étrangers (IDE) en 2025. Malgré une forte baisse des flux entrants, le pays est resté la première destination des capitaux étrangers en Afrique centrale.
Le Cameroun a reçu 599 millions de dollars d’IDE au cours de l’année, soit environ 332 milliards de Fcfa, contre 925 millions de dollars (532 milliards de Fcfa) en 2024. Malgré ce recul, le Cameroun a devancé le Tchad, qui occupait la première place du classement régional l’année précédente, et est devenu le premier bénéficiaire d’investissements étrangers en Afrique centrale. Cette performance intervient dans un contexte de ralentissement des flux d’investissement sur le continent et dans la sous-région.
Les données de la CNUCED montrent que les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique ont chuté de 94 milliards de dollars en 2024 à 70 milliards de dollars en 2025. L’Afrique centrale a également été touchée, avec une baisse de 21 % de ses entrées de capitaux, passant d’environ 6 milliards de dollars à 4,8 milliards de dollars sur la même période.
Selon le rapport, ce ralentissement régional est largement lié à la dépendance de l’Afrique centrale aux ressources naturelles, notamment aux hydrocarbures et à l’exploitation minière, secteurs où la réduction de l’activité a contribué à la baisse des entrées de capitaux au cours de l’année.
L’économiste Patrice Ongono attribue le recul du Cameroun à une combinaison de facteurs internes et externes. Il souligne un climat des affaires toujours difficile, ainsi que le resserrement des politiques monétaires dans les économies développées, où la hausse des taux d’intérêt, instaurée pour maîtriser l’inflation, a renchéri le coût du financement des investissements étrangers. M. Ongono précise néanmoins que la position de leader du Cameroun reflète la structure de son économie. Contrairement à plusieurs pays de la sous-région qui demeurent fortement dépendants du pétrole et des industries extractives, le Cameroun dispose d’une base économique relativement diversifiée, ce qui le rend moins vulnérable aux fluctuations liées à l’exploitation de nouveaux gisements pétroliers ou de sites miniers.
Les conclusions de la CNUCED soulignent donc l’importance de la diversification économique et des investissements à l’heure où les flux de capitaux deviennent plus sélectifs et où les économies dépendantes des ressources naturelles sont confrontées à une volatilité accrue.
Pour renforcer l’attractivité du Cameroun, M. Ongono a plaidé pour la poursuite de la modernisation de l’environnement des affaires, un cadre juridique plus solide pour les investissements et une promotion accrue des secteurs non extractifs. Le rapport souligne également l’importance du développement des zones industrielles et de l’expansion des infrastructures productives pour attirer et retenir les capitaux étrangers, alors que la concurrence pour les investissements s’intensifie en Afrique.
Antoine Mboussi



