(BFI) – Un nouvel accord de financement de 312 millions d’euros (204,75 milliards de Fcfa) a été signé pour soutenir une nouvelle phase du Programme de Modernisation et de Sécurisation (PMS) du chemin de fer gabonais. L’accord associe Proparco, la Société Financière Internationale (SFI) et la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG), concessionnaire du réseau ferroviaire national.
Ce financement s’inscrit dans la phase III du PMS. Il comprend 225 millions d’euros de nouveaux fonds, auxquels s’ajoute le refinancement des phases précédentes à hauteur de 87 millions d’euros. Le programme vise à poursuivre la remise à niveau des 648 km de voie reliant Owendo, sur la côte atlantique, à Franceville, à l’est du pays, ainsi qu’à moderniser les infrastructures et systèmes de cette ligne en service depuis 1978. L’objectif est de renforcer la fiabilité, la sécurité et la capacité de la ligne, tout en diversifiant ses usages vers le transport de voyageurs et de marchandises hors secteur minier.
Le Transgabonais constitue une infrastructure économique stratégique pour le pays, contribuant à hauteur de 20 % au PIB national. Dans des régions enclavées souvent dépourvues de solutions de transport alternatives, il assure un service public essentiel pour les populations. Son vieillissement a toutefois pesé sur les performances logistiques nationales, affectant notamment l’exportation de ressources telles que le manganèse et le bois. A ces contraintes s’ajoutent des perturbations du transport de voyageurs, liées notamment à des déraillements qui ont provoqué des interruptions de service de plusieurs jours.
Depuis le lancement du programme, 457 km de voie ont déjà été renforcés avec des traverses en béton, et 186 km sont désormais équipés de nouveaux rails de 60 kg. Selon l’Agence française de développement (AFD), le projet devrait permettre de restaurer la capacité nominale de l’infrastructure, avec un objectif de 8 circulations de trains par jour dans chaque sens, tout en améliorant la sécurité du transport ferroviaire, aussi bien pour les voyageurs que pour le fret.
Selon le groupe Eramet, l’État gabonais ambitionne de faire passer les volumes de fret transportés à 21 millions de tonnes par an d’ici 2029, contre environ 9 millions de tonnes actuellement.
Antoine Mboussi



