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Le Sénégal s’apprêterait à confier à Lazard un rôle de conseiller financier sur sa dette souveraine

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Cette annonce interviendrait dans un contexte où la transparence gouvernementale est surveillée de près par les investisseurs internationaux. Le Sénégal travaille depuis 2024 à assainir ses finances publiques, après que le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye a révélé l’existence de dettes jusque-là non déclarées, dont le montant a fini par dépasser les 13 milliards de dollars, soit plus d’un quart du produit intérieur brut sénégalais. 

Le recrutement stratégique du Cabinet Lazard par l’administration du président Bassirou Diomaye Faye s’inscrit dans un contexte économique délicat. Sur sa dette interne, le Sénégal s’est engagé dans un processus de transparence et de restructuration sous l’œil attentif des marchés et des institutions internationales. Au niveau macro-économique, la dette publique réévaluée représente plus de 130% du PIB, entraînant des tensions sur les obligations du Trésor et le budget du service de la dette. Les obligations internationales du pays sont sous pression, s’échangeant à des niveaux de décote importants. L’État cherche un appui stratégique pour négocier un nouveau programme avec le FMI et pour restructurer ou alléger la dette, malgré les réticences politiques initiales du gouvernement face à une restructuration classique.

Faute d’un accès « aux conditions acceptables », aux marchés internationaux, Dakar s’est davantage tourné vers le marché régional des titres publics de l’UEMOA. Mais la demande y faiblit également pour les émissions de long terme, ce qui réduit les options de financement du gouvernement. Le budget 2026 prévoit environ 5490 milliards de francs CFA (9,6 milliards de dollars) au titre du service de la dette. Ce montant comprend toutefois les intérêts et les remboursements du capital, et ne correspond donc pas uniquement au coût des frais financiers adossés à la dette.

Selon plusieurs sources proches du dossier citées par Bloomberg et Reuter, l’arrivée attendue de la banque d’affaires renforcera les anticipations d’un réaménagement de la dette sénégalaise, mais son mandat exact n’est pas encore établi.

Lazard s’est imposé ces dernières années comme l’un des grands spécialistes mondiaux des restructurations de dettes souveraines. Le cabinet a notamment conseillé la Zambie et le Ghana dans la gestion de leurs crises de dette, ainsi que le Tchad et le Mozambique. Sa réputation dans ce domaine suffit donc à alimenter les spéculations sur les options étudiées par Dakar, qu’il s’agisse d’un rééchelonnement, d’un reprofilage ou d’une restructuration plus large.

Le recours à cette banque d’affaires ne signifie toutefois pas qu’une telle opération a déjà été décidée. À ce stade, rien n’est tranché. Le cabinet parisien Global Sovereign Advisory, qui conseille le Sénégal depuis plusieurs années, continuerait par ailleurs d’accompagner le pays, selon la presse internationale. Lazard viendrait donc s’ajouter au dispositif, et non le remplacer. La répartition des missions entre les deux conseillers reste inconnue.

Placide Onguéné

Rédaction
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