(BFI) – La Société nationale des hydrocarbures (SNH) fait ressortir un solde de 49,253 milliards de Fcfa présenté comme transférable à l’État au terme du premier trimestre 2026. Ce montant représente 52,2 % des 94,345 milliards de FCFA de ressources générées par la commercialisation de la part publique des hydrocarbures et par les autres revenus enregistrés au cours de la période.
Selon les données trimestrielles publiées par l’entreprise publique, les dépenses et engagements retracés dans le document s’élèvent à 45,093 milliards de FCFA, soit 47,8 % des ressources brutes. Ils comprennent 17,406 milliards de FCFA de dépenses associatives, 18,052 milliards d’engagements liés aux activités gazières et 9,635 milliards d’autres engagements.
Le document ne détaille cependant pas la composition de ces trois catégories. Il ne permet pas non plus de distinguer les dépenses ayant déjà donné lieu à des décaissements des engagements comptabilisés mais qui pourraient ne pas avoir encore été payés.
Le terme « transférable » reste par ailleurs déterminant. La situation établit le montant disponible après prise en compte des dépenses et engagements, mais ne précise ni si le versement au Trésor public a effectivement été réalisé ni la date à laquelle il aurait été effectué. Ce solde ne peut donc pas être assimilé, en l’état, à une recette déjà encaissée par l’État.
Cette donnée ne se confond pas non plus avec la « redevance SNH » retracée dans les comptes budgétaires. Selon le ministère des Finances, cette rubrique a procuré 91,8 milliards de FCFA au Trésor à fin mars 2026, contre une prévision trimestrielle de 106 milliards. L’écart de près de 42,5 milliards de FCFA entre ce montant et le solde transférable présenté par la SNH peut résulter de différences de calendrier, de périmètre ou de méthode de comptabilisation. Les documents disponibles ne permettent pas d’effectuer un rapprochement détaillé des deux chiffres.
Le pétrole génère 64,2 milliards de FCFA pour la part de l’État
Le pétrole brut demeure la première source de revenus de l’État dans le secteur. La commercialisation de 1,662 million de barils a généré 64,218 milliards de FCFA, soit 68,1 % de l’ensemble des ressources brutes retracées pour la part publique. Ces cargaisons ont été vendues à un prix moyen de 69,74 dollars le baril, pour une valeur totale de 115,877 millions de dollars.
Le gaz naturel arrive en deuxième position, avec 22,112 milliards de FCFA de recettes, soit 23,4 % des ressources du trimestre. Les ventes de gaz à Gazprom représentent à elles seules 15,103 milliards de FCFA, devant les opérations enregistrées avec Kribi Power Development Company (KPDC) et Keda.
Les ventes de gaz de pétrole liquéfié à l’État et à Tradex ont, pour leur part, généré 3,421 milliards de FCFA. À ces revenus s’ajoutent 4,594 milliards de FCFA d’autres recettes.
Au total, les ventes d’hydrocarbures correspondant à la part de l’État représentent 89,751 milliards de FCFA. L’intégration des revenus complémentaires porte les ressources brutes à 94,345 milliards.
Plus de la moitié du pétrole produit à Rio del Rey
Les volumes de pétrole brut attribués à l’État et aux associés totalisent 4,599 millions de barils au premier trimestre 2026. La part revenant à l’État atteint 2,691 millions de barils, soit 58,5 % de l’ensemble, contre 1,908 million de barils pour les partenaires pétroliers.
La production demeure fortement concentrée. Avec environ 2,357 millions de barils, le bassin de Rio del Rey représente 51,3 % des volumes retracés. Lokele fournit 1,053 million de barils et Iroko 335 000 barils. Les autres champs totalisent environ 854 000 barils, soit 18,6 % de la production pétrolière du trimestre. Cette concentration est encore plus marquée dans le gaz. Sur une production totale de 17,806 milliards de pieds cubes, Sanaga Sud en fournit 17,529 milliards, soit 98,4 %. Logbaba ne contribue qu’à hauteur de 277 millions de pieds cubes. Les 7 282 tonnes de gaz de pétrole liquéfié produites au cours du trimestre proviennent également de Sanaga Sud.
Les volumes commercialisés au cours de la période ne correspondent toutefois pas nécessairement à la production du même trimestre. L’État a ainsi vendu environ 1,029 million de barils de moins que les volumes qui lui ont été attribués entre janvier et mars 2026. À l’inverse, les associés ont commercialisé près de 1,063 million de barils de plus que leur part de production trimestrielle.
Ces écarts traduisent vraisemblablement des décalages entre la production, le stockage et l’enlèvement effectif des cargaisons. Les ventes d’un trimestre peuvent donc inclure des volumes produits au cours d’une période antérieure ou exclure une partie de la production encore stockée.
Près de 199 milliards de FCFA pour la part des associés
En parallèle, la commercialisation de la part revenant aux partenaires pétroliers représente 198,891 milliards de FCFA. Le pétrole brut y contribue à hauteur de 147,370 milliards, le gaz à hauteur de 50,076 milliards et le GPL pour 1,445 milliard.
Les données attribuent aux cargaisons des associés un prix moyen de 87,17 dollars le baril, contre 69,74 dollars pour la part de l’État. Le prix moyen obtenu par les partenaires est ainsi supérieur d’environ 25 %. Cet écart ne peut cependant pas être interprété comme une différence de performance commerciale sans informations complémentaires sur la qualité des bruts concernés, les dates d’enlèvement, les conditions du marché et les modalités contractuelles appliquées aux différentes cargaisons.
Toutes parts confondues, la valeur des ventes d’hydrocarbures atteint 288,642 milliards de FCFA. Elle monte à 293,236 milliards de FCFA en intégrant les autres recettes enregistrées au titre de la part de l’État. Ce total mesure l’ampleur des flux commerciaux retracés par la SNH, mais ne constitue pas un revenu budgétaire pour le Cameroun. Les 198,891 milliards de FCFA revenant aux associés ne sont pas intégrés dans le solde destiné à l’État.
Au terme du trimestre, la situation publiée par la SNH fait ainsi ressortir un solde de 49,253 milliards de FCFA présenté comme transférable à l’État après prise en compte des dépenses et engagements. Sa traduction effective dans les recettes publiques dépend néanmoins de la réalisation du transfert et de sa comptabilisation dans les comptes du Trésor.



