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Le marché de réhabilitation de la Sonara et ses contours

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Après des mois d’études techniques et de réglages préparatoires en coulisses, la Plateforme stratégique interministérielle de suivi de la restructuration est passée à la vitesse supérieure. Autour de la table, un aréopage impressionnant : majors pétrolières internationales, géants du BTP et de l’ingénierie (EPC), banques d’investissement de premier plan et prêteurs internationaux. Tous sont venus jauger les ambitions du Cameroun pour son unique raffinerie, paralysée dans ses capacités de traitement depuis le tragique incendie d’il y a sept ans.

Valider la viabilité commerciale du projet

L’objectif principal de cette grand-messe de 48 heures ne réside pas encore dans l’attribution des marchés, mais dans la confrontation du projet à la réalité du marché international. Le gouvernement cherche avant tout à valider la bancabilité de la modernisation de la SONARA. En clair : s’assurer que le projet est financièrement viable, rentable et attractif pour les capitaux privés.
Les discussions menées lors de cette rencontre, sous le regard attentif des ministres des finances (MINFI) , de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), ainsi que du Top Management de la SONARA, ont permis d’aborder les sujets les plus sensibles : la répartition des risques entre l’État et le futur repreneur, les mécanismes de financement et les modèles de rémunération. En impliquant les acteurs du marché dès la phase de structuration, Yaoundé s’assure de bâtir un partenariat solide et durable, évitant les écueils des grands projets mal ficelés.

Après cette première journée institutionnelle et stratégique, la journée du mardi 30 juin 2026 sera entièrement consacrée aux discussions techniques et à la clôture des travaux, posant ainsi les jalons du futur appel d’offres international.

Pour redonner vie à la SONARA, le Cameroun a opté pour un Partenariat Public-Privé (PPP) particulièrement rigoureux : le modèle DBFM (Design-Build-Finance-Maintain) ou Conception-Construction-Financement-Maintenance. 

Dans ce schéma, le partenaire privé sélectionné aura la lourde charge de concevoir les nouvelles installations modernisées, de piloter le chantier de construction, de lever les fonds nécessaires (allégeant ainsi la dette directe de l’État camerounais) et d’assurer la maintenance lourde de l’infrastructure sur le long terme. Ce modèle permet à l’État de transférer une grande partie des risques techniques et financiers au secteur privé, tout en garantissant que l’outil industriel sera maintenu aux standards internationaux pendant toute la durée du contrat.

Rédaction
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