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Le Forum PML de Yaoundé appelle à la transformation des corridors de transit en chaînes de valeur industrielles

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Placé sous le thème « Afrique centrale 2035 : Corridors d’intégration, catalyseurs du développement des chaînes de valeur sous-régionales », ce forum réunit des acteurs des secteurs public et privé désireux d’identifier des projets capables de transformer les infrastructures logistiques en moteurs de production industrielle et de compétitivité transfrontalière. Les organisateurs précisent que l’objectif est de dépasser les discussions centrées uniquement sur l’efficacité des transports, en développant des projets pilotes capables de convertir les corridors existants en plateformes de transformation locale des matières premières et d’expansion des chaînes de valeur.

La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, représentant le Premier ministre, le Dr Joseph Dion Ngute, en présence du ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, ainsi que d’opérateurs économiques et de partenaires techniques.

La directrice générale de Pro Meet Up, Carole Mbessa Elongo, a déclaré que l’initiative vise à générer des projets concrets dans les trois prochains mois, qui pourront être présentés aux institutions financières. Pour elle, la région doit désormais dépasser un modèle où les corridors tirent leur valeur principalement du transport de marchandises. « Les corridors existants ont créé de la valeur grâce au transit, mais le défi consiste maintenant à évoluer vers une nouvelle génération de corridors qui soutiennent la transformation locale des produits et des matières premières », a déclaré Mme Mbessa Elongo. Elle a expliqué que l’objectif est de développer une transformation industrielle locale capable de desservir à la fois les marchés intérieurs et le vaste marché de la ZLECAf, qui compte 1,4 milliard de personnes. L’accent est désormais mis sur la mise en œuvre, a-t-elle ajouté. « Cette édition est axée sur des actions concrètes. Dans les prochains mois, nous prévoyons de présenter des projets bancables que les institutions financières pourront soutenir afin de faire franchir une nouvelle étape à l’industrialisation régionale », a-t-elle déclaré.

Selon les organisateurs, le forum devrait permettre d’identifier des projets logistiques et industriels à fort impact, de définir des mécanismes de mise en œuvre, de renforcer la collaboration public-privé et d’établir un cadre permettant aux corridors stratégiques d’Afrique centrale de rejoindre l’initiative. Les discussions ont également mis en lumière le rôle des infrastructures de paiement dans le soutien du commerce régional. L’intégration de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) au sein du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) a également été annoncée lors de cet événement.

Le directeur général du PAPSS, Mike Ogbalu, a décrit l’efficacité des paiements comme un facteur déterminant de la compétitivité commerciale, soulignant que les retards et les coûts de transaction affectent directement la performance des entreprises au-delà des frontières. « Les coûts et les retards de paiement réduisent la capacité des commerçants à faire tourner leurs stocks et à conclure efficacement leurs transactions. C’est pourquoi réduire les délais de règlement de plusieurs jours à 120 secondes maximum peut multiplier considérablement les volumes d’échanges et la valeur des transactions », a déclaré M. Ogbalu. Il a expliqué que le système permet d’initier, de traiter et de régler les transactions intégralement en Afrique, éliminant ainsi la nécessité de faire transiter les paiements par des plateformes financières externes. « En maintenant les flux de paiement sur le continent, nous éliminons les coûts de conversion et les retards inutiles. La priorité immédiate est désormais que les banques commerciales de la zone CEMAC connectent leurs canaux numériques afin que les paiements deviennent aussi simples que l’envoi d’un SMS », a-t-il ajouté.

Au-delà de la facilitation des paiements, les participants ont également discuté des conditions matérielles et institutionnelles nécessaires au soutien de l’intégration régionale. Le ministre des Transports, Ngalle Bibehe, a déclaré que le thème du forum de cette année reflétait l’urgence de développer des corridors résilients et compétitifs, capables de soutenir l’intégration sous régionale. Il a noté que le Cameroun avait intensifié ses investissements dans les ports, les infrastructures ferroviaires et la numérisation des procédures logistiques afin de renforcer la connectivité tout en relevant les défis de la compétitivité et de la sécurité des transports. Les tables rondes et les panels techniques ont porté sur la gouvernance des corridors, les mécanismes de financement industriel, la facilitation des paiements et les cadres institutionnels nécessaires à la mise en œuvre en Afrique centrale.

Paul Nkala

Rédaction
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