(BFI) – Face au nouveau seuil de capital fixé par la COBAC dans la CEMAC, BGFI Holding coordonne un renforcement de ses fonds propres au niveau du holding et des filiales. Objectif : 240 milliards Fcfa de capital social d’ici 2030, avec une 2e phase boursière attendue au troisième trimestre 2026.
En quelques mois, BGFIBank, premier groupe bancaire d’Afrique centrale, a enchaîné une introduction en bourse de sa maison mère et quatre augmentations de capital de ses filiales sur trois zones monétaires distinctes. Ce qui apparaît, pris isolément, comme une série de décisions dispersées prend, mises bout à bout, la forme d’une opération de groupe coordonnée. Une mécanique qui prépare la prochaine étape boursière du troisième trimestre et inscrit l’ensemble dans un cap fixé jusqu’en 2030.
Le déclencheur réglementaire est connu. Réunie le 10 décembre 2025 à Libreville, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a relevé le seuil de capital social minimum exigé des banques agréées dans la sous-région, le portant de 10 à 25 milliards Fcfa, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Les établissements doivent se conformer à cette exigence avant le 31 décembre 2026, ou soumettre un plan de relèvement avant le 30 juin. Selon les estimations sectorielles, plus de la moitié des banques de la zone, soit autour d’une trentaine d’établissements sur la cinquantaine agréée en CEMAC, devraient devoir mobiliser des fonds propres complémentaires pour se mettre en conformité d’ici fin 2026. Tout le secteur s’aligne ; BGFI, lui, conserve une longueur d’avance.
La première pierre a été posée par le holding. L’introduction en bourse de BGFI Holding Corporation, clôturée début mars 2026, a permis de lever 45,3 milliards FCFA et de porter le capital social de la maison mère de 141,6 à 147,28 milliards FCFA. C’est l’opération qui a donné le tempo aux suivantes : d’abord le renforcement du capital de la holding, puis son extension aux filiales. Cette cascade s’est déroulée sur cinq semaines. Le 27 février, BGFIBank Cameroun a porté son capital de 20 à 50 milliards FCFA, se plaçant largement au-dessus du nouveau seuil fixé par la COBAC. Le 6 mars, BGFIBank Côte d’Ivoire est passée de 40 à 60 milliards FCFA, dans la zone UEMOA. Le 16 mars à Paris, BGFIBank Europe a validé une hausse de 26 à 39 milliards FCFA, destinée à renforcer la banque de financement et le financement du commerce transfrontalier. Côté gabonais, les fonds propres de BGFIBank Gabon ont été portés à 200 milliards. Quatre filiales, trois zones monétaires, un seul calendrier.
« Ce renforcement conséquent des fonds propres permettra à la filiale de saisir les opportunités qu’offre le marché dynamique de la Côte d’Ivoire, qui constitue un des quatre pôles de croissance du groupe BGFIBank », a indiqué Henri-Claude Oyima (photo), président-directeur général du groupe, en commentant l’opération ivoirienne sur LinkedIn le 8 mars.
Une trajectoire de capitalisation pensée jusqu’en 2030
La séquence n’est pas terminée. Au troisième trimestre, BGFI Holding doit lever 81 milliards FCFA supplémentaires lors de la seconde phase de son introduction en bourse, afin de porter son flottant boursier de 3,85 % à 10 %, niveau réglementaire exigé par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF). Cette levée contribuera au renforcement des fonds propres du groupe et préparera la prochaine étape de son développement.
Ce mouvement s’inscrit dans une perspective de plus long terme. Selon les indications de la direction du groupe, l’objectif est d’atteindre 240 milliards FCFA de capital social à l’horizon 2030. Une cible cohérente avec le déploiement annoncé du Projet d’Entreprise BGFI 2030, qui doit porter la présence du groupe de douze à quinze pays, ainsi qu’avec le durcissement attendu des exigences prudentielles dans les marchés où opèrent ses filiales. Cette séquence se déroule sur la base d’une notation de crédit déjà rehaussée. En juin 2025, l’agence panafricaine Bloomfield Investment avait relevé la note de long terme de BGFI Holding Corporation de A+ à AA-, avec perspective stable. Un socle qui crédibilise l’enchaînement de cinq opérations de capital en quelques mois et qui sert de référence avant la prochaine évaluation de Bloomfield, attendue dans les prochains mois.
Pour les observateurs, ce sont moins les chiffres individuels qui marquent que la coordination de l’ensemble. Dans une sous-région où de nombreux établissements bancaires devront encore achever leur mise en conformité avant fin 2026, le groupe BGFIBank a pris plusieurs mois d’avance. La deuxième phase de l’opération boursière prévue au troisième trimestre permettra de mesurer l’appétit des investisseurs pour le titre.
Avec Ecofin




