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L’évolution du marché du travail au Cameroun ne contribue pas encore à la réduction de la pauvreté (Rapport)

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Selon les projections les plus récentes des Nations Unies, le nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans au Cameroun devrait augmenter, passant de 15,9 millions à 21,4 millions entre 2023 et 2033, tandis que le nombre des personnes âgées de 15 à 24 ans au Cameroun devrait augmenter, passant de 5,7 millions à 7,4 millions sur la même période. Même si la part des jeunes qui travaillent reste à son faible niveau actuel, la Banque mondiale souligne qu’« il y aurait quand même 2,4 millions de jeunes qui auront besoin d’un emploi d’ici 2033, contre 1,8 million en 2023. Ces statistiques démontrent l’importance de la création d’emplois pour que le Cameroun puisse tirer le meilleur parti de son dividende démographique ».

Le document de l’institution monétaire révèle que la création d’emplois au Cameroun n’a pas suivi le rythme de la croissance démographique, ce qui a entraîné une réduction de la proportion de Camerounais actifs, une tendance qui ressort de plusieurs sources de données. Selon les ECAM et l’enquête relais de 2021, la proportion de la population en âge de travailler qui travaillait a diminué, passant de 80,3 pour cent en 2007 à 60,2 pour cent en 2021. De même, l’Enquête sur l’emploi et le secteur informel (EESI) montre que le taux d’activité a chuté, passant de 78,2 pour cent en 2005 à 54,2 pour cent en 2021. Ce déclin n’est pas uniquement dû au fait que les jeunes consacrent davantage de temps à l’éducation. L’enquête relais de 2021 et l’EESI ont toutes deux été menées après la levée des nombreuses mesures de confinement liées à la COVID-19, ce qui montre que la baisse de l’emploi observée entre 2014 et 2021 est dans le prolongement de la tendance constatée entre 2007 et 2014. Ainsi, au cours des deux dernières décennies, il y a eu une baisse significative de la proportion de Camerounais engagés sur le marché du travail.

« La baisse de la proportion de la population active a été particulièrement marquée chez les jeunes Camerounais. Entre 2007 et 2021, le pourcentage de jeunes actifs a diminué d’environ de moitié, passant de 64,4 pour cent à 32,5 pour cent. Cette baisse montre que le manque d’opportunités d’emploi affecte nettement plus la population croissante des jeunes camerounais, y compris ceux à la recherche de leur premier emploi » peut-on lire dans le rapport de la Banque mondiale.

Dans le secteur agricole, la proportion de travailleurs actifs au Cameroun a considérablement diminué au cours des vingt dernières années. Entre 2007 et 2021, la proportion des travailleurs exerçant principalement dans l’agriculture est passée de 57,0 pour cent à 42,4 pour cent, soit une baisse d’environ un quart. « Cette baisse s’inscrit dans le contexte d’une urbanisation rapide durant la même période, les personnes s’installant en milieu urbain ayant moins de probabilité de travailler dans l’agriculture » indique le document. L’emploi s’est déplacé de manière assez homogène vers l’industrie, le commerce (achat et vente) et d’autres services non commerciaux, la proportion des travailleurs dans ces secteurs augmentant respectivement de 5,1; 5,0; et 4,5 points de pourcentage de 2007 à 2021.

Bien que les emplois hors secteur agricole soient majoritairement occupés par des Camerounais issus de ménages non pauvres, le déplacement des travailleurs vers des emplois non agricoles n’a pas conduit à une réduction de la pauvreté, en partie parce que les types d’emplois spécifiques dans le secteur des services occupés par ces travailleurs sont relativement moins productifs. Environ 65,3 pour cent des travailleurs issus des 40 pour cent des ménages les plus pauvres travaillent dans l’agriculture, contre 25,9 pour cent des 60 pour cent les plus riches.

Les données macroéconomiques montrent également que la productivité moyenne du travail est plus élevée dans les services (y compris le commerce et les autres services) et dans l’industrie. Toutes choses étant égales par ailleurs, travailler en dehors de l’agriculture semble donc être associé à la sortie de la pauvreté. Cependant, bien que certains types d’emplois dans le secteur des services – tels que ceux dans l’éducation et la santé – soient clairement concentrés dans les déciles supérieurs, la distribution est beaucoup plus homogène dans d’autres sous-secteurs, tels que le commerce, le transport, la communication et les services personnels. En conséquence, trouver un emploi en dehors du secteur agricole ne suffit pas en soi : les travailleurs ont besoin d’emplois suffisamment productifs pour pouvoir sortir de la pauvreté.

André Noir

Rédaction
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