(BFI) – L’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) et la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY) ont signé, le 24 avril à Yaoundé, un accord de partenariat de trois ans visant à améliorer la qualité des semences, à réhabiliter les terres agricoles et à accroître la production dans l’Extrême-Nord. Cet accord, signé dans le cadre du projet VIVA Logone, soutenu par la Banque mondiale, a été officialisé par le directeur général de l’IRAD, le Dr Noé Woin, et le directeur général de la SEMRY, Fissou Kouma, en présence du coordinateur du projet, Laoumaye Merhoye, de représentants du ministère de l’Agriculture, de chercheurs et de dirigeants des deux institutions.
Cet accord triennal confie à l’IRAD la mission de déployer son expertise scientifique et technique en matière de sélection variétale, d’enregistrement des variétés et de production de semences de base améliorées afin de soutenir le programme semencier du Centre d’innovation technologique (CIT).
Aux termes de l’accord, l’IRAD fournira « une sélection variétale de riz adaptée aux périmètres irrigués du SEMRY et à la région de l’Extrême-Nord ; un soutien au SEMRY à toutes les étapes du processus d’enregistrement ; et des conseils au SEMRY pour la production de semences de base et de semences certifiées R1, avant toute phase de multiplication ou de distribution. »
Avant la signature, M. Kouma a déclaré que l’expertise scientifique, technique et technologique de l’IRAD serait essentielle à la réhabilitation de 12 350 hectares de périmètres rizicoles à Yagoua et Maga.
Le riz demeure un produit d’importation majeur pour le Cameroun, ce qui rend les gains de production locale économiquement significatifs. Selon African Agribusiness, la facture des importations de riz du Cameroun s’élevait à 268,7 milliards de Fcfa en 2025. Cela représentait 5,1 % des dépenses totales d’importation du pays, malgré une baisse de 15,6 % par rapport à l’année précédente, due en partie à la politique de substitution aux importations du gouvernement.
D’après des estimations distinctes, la facture annuelle des importations de riz du Cameroun s’élève à environ 242 millions de dollars américains, un chiffre que la Stratégie nationale de développement (SND30) du gouvernement vise explicitement à réduire grâce à l’augmentation de la production nationale. Le Cameroun peine à satisfaire sa demande nationale de riz, estimée à environ 576 949 tonnes par an, selon l’Institut national de la statistique (INS). Les céréales représentaient 8,9 % des dépenses totales d’importation du Cameroun en 2025, le riz et le blé étant les deux principales catégories.
Le partenariat IRAD-SEMRY, implanté dans les périmètres irrigués de la région de l’Extrême-Nord, cible directement ce déficit structurel en mobilisant des capacités de recherche et en produisant des semences certifiées pour un secteur dont les performances ont des répercussions importantes sur la sécurité alimentaire du Cameroun. Pour les entreprises, ce nouveau pacte ouvre des perspectives intéressantes dans les domaines des semences, des engrais, des services d’irrigation, du machinisme agricole, du transport et de la transformation des céréales.
Un meilleur accès aux semences certifiées peut accroître les rendements, tandis que la réhabilitation des périmètres irrigués pourrait permettre d’augmenter les volumes de récolte et d’assurer un approvisionnement plus stable en matières premières pour les minoteries. L’Extrême-Nord est également une zone d’emploi stratégique où une production rizicole accrue peut soutenir les revenus agricoles, répondre aux besoins de main-d’œuvre saisonnière et dynamiser les activités logistiques. La SEMRY a toujours joué un rôle central dans la riziculture organisée de la région.
Cédric Boyomo




