(BFI) – La deuxième édition du Colloque financier international, COLFINI 2, s’est ouverte le jeudi 23 avril à l’hôtel Hilton de Yaoundé. Ce forum réunit des représentants gouvernementaux, des investisseurs institutionnels, des experts financiers et des régulateurs régionaux afin de s’attaquer à l’un des défis économiques les plus urgents de l’Afrique centrale : comment financer durablement les infrastructures dans la zone CEMAC.
Ce forum de deux jours, qui se déroule jusqu’au 24 avril, est organisé par les sociétés financières Horus Investment Capital et Contacter Capital, et placé sous le haut patronage du ministère des Finances du Cameroun. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le secrétaire général du ministère des Finances, Gilbert Didier Edoa, qui représentait le ministre. Il a souligné que le principal enjeu pour les gouvernements est de mobiliser durablement des fonds pour le développement, notamment dans un contexte mondial marqué par la hausse des coûts de financement et l’incertitude.
« Le financement de nos économies et de nos infrastructures est aujourd’hui une préoccupation majeure. Sans infrastructures solides, il n’y a ni transformation économique, ni intégration régionale, ni croissance durable. Il ne s’agit plus seulement de comprendre, mais d’agir et de mobiliser les ressources plus efficacement », a déclaré M. Edoa dans son discours d’ouverture. Selon lui, l’événement s’articule autour de thèmes clés, notamment l’évaluation de l’état actuel du marché financier de la CEMAC, l’élargissement de la base d’investisseurs, l’amélioration de la liquidité, la diversification des instruments financiers et le renforcement de l’expertise en matière de financement structuré.
D’après le dossier de presse officiel, COLFINI 2 vise à positionner le marché financier régional comme un levier stratégique pour le financement des infrastructures, à un moment où les contraintes budgétaires, la dépendance aux financements extérieurs et la pression de la dette publique continuent de peser sur les gouvernements d’Afrique centrale.
Parmi les participants au forum figurent des représentants gouvernementaux, des institutions financières, des régulateurs de marché, des opérateurs du secteur privé et des partenaires internationaux, tous à la recherche de solutions concrètes aux déficits de financement persistants dans des secteurs tels que les transports, l’énergie, les télécommunications et les infrastructures publiques.
Edoa a souligné que, malgré une gestion prudente des finances publiques et une orientation de la dette vers des investissements productifs, le développement du marché financier camerounais exige une action collective impliquant l’État, les régulateurs, les investisseurs et les experts. « Le développement de notre marché financier est un projet collectif. Il requiert la mobilisation de tous les acteurs et une exigence partagée de transparence, de discipline et d’innovation. Les idées issues de ce colloque doivent être concrètes, utiles et applicables », a-t-il déclaré.
Les organisateurs insistent sur la mise en œuvre du programme
Dans son discours de bienvenue, le directeur général de Contraturer Capital, Paul Onono, a souligné l’importance stratégique du financement comme condition de la souveraineté économique, appelant à passer d’une dépendance aux financements extérieurs à une mobilisation accrue des ressources locales. Il a noté que, si la région ne manque pas de capitaux, le défi réside dans la structuration et l’orientation efficace de ces ressources vers les projets prioritaires. M. Onono a également insisté sur le fait que les projets d’infrastructure sont fondamentaux pour la souveraineté économique et doivent être financés par des systèmes financiers régionaux plus robustes, capables de mobiliser l’épargne locale, y compris celle de la diaspora. Il a également introduit une nouveauté pour cette édition : la « Salle des transactions », conçue pour orienter les discussions vers des transactions concrètes et la mise en œuvre de projets.
« Le temps du diagnostic est révolu, place à l’action. Nous devons passer des idées aux projets, des échanges aux transactions et des intentions à leur réalisation », a-t-il déclaré. Les discussions ont également porté sur le rôle du financement endogène, notamment les ressources nationales et les marchés de capitaux locaux, ainsi que sur les financements externes provenant de partenaires internationaux.
Les experts ont souligné l’importance de bâtir un écosystème permettant un accès durable aux marchés financiers, grâce à une gouvernance appropriée, des instruments financiers adaptés et une expertise technique compétente. S’appuyer sur les résultats antérieurs La première édition de COLFINI, en 2025, était axée sur la viabilité de la dette souveraine et les mécanismes de restructuration.
Selon les organisateurs, certains pays de la CEMAC ont depuis lors pris des mesures pour restructurer leur dette et améliorer leur gestion de trésorerie, témoignant ainsi d’une prise en compte rapide des recommandations. L’édition 2026 met l’accent sur l’ingénierie financière, l’innovation et l’opérationnalisation des mécanismes de financement, avec pour objectif de transformer les discussions en actions concrètes. Le colloque devrait formuler des recommandations concrètes, renforcer la collaboration entre les acteurs publics et privés et valoriser le rôle de l’expertise régionale dans le financement des projets d’infrastructure de grande envergure dans la zone CEMAC.




