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Le Niger crée une agence pour financer les entreprises via l’actionnariat populaire

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« L’agence a pour mission principale la mobilisation de l’épargne publique par l’actionnariat populaire pour le financement des entreprises communautaires », indique le communiqué du Conseil des ministres.

En favorisant l’actionnariat populaire, l’État cherche à impliquer davantage les citoyens dans le financement de l’économie réelle, tout en orientant les ressources vers des secteurs jugés stratégiques comme l’agriculture, l’élevage, l’agro-industrie, les mines et les technologies de l’information et de la communication. En créant cette agence, le Niger s’inspire du Burkina Faso, qui a lancé en 2023 l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC), afin d’orienter l’épargne nationale vers le financement de projets productifs. Trois ans plus tard, plusieurs réalisations ont été engagées, à savoir des unités de transformation de tomates, ainsi qu’une prise de participation dans une exploitation aurifère.

Au Niger, les modalités opérationnelles de l’Apapec, y compris les mécanismes de collecte de l’épargne, les critères de sélection des projets et les règles de gouvernance, n’ont pas encore été détaillées officiellement.

Un accès au crédit limité

La mise en place de l’Apapec intervient dans un contexte marqué par des tensions sur le financement de l’économie nigérienne. L’accès au crédit demeure limité pour les petites et moyennes entreprises (PME), malgré l’existence de dispositifs publics d’appui. En 2023, le crédit au secteur privé représentait à peine 11 % du produit intérieur brut (PIB), en deçà des standards observés dans la sous-région.

Par ailleurs, le secteur bancaire évolue dans un environnement fragilisé par le recul de la confiance des déposants, l’accumulation d’arriérés de paiement de l’État et les perturbations commerciales liées notamment à la fermeture prolongée de certaines frontières. Cette situation, selon la Banque mondiale, restreint la capacité des banques à financer les activités productives, accentuant le besoin de mécanismes alternatifs. Il convient de noter que le secteur bancaire au Niger représente 95 % du système financier, mais ne dessert qu’un nombre limité de Nigériens.

 

Rédaction
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