AccueilSecteursEconomieCe qu’il faut retenir du dernier rapport 2026 d’Afreximbank

Ce qu’il faut retenir du dernier rapport 2026 d’Afreximbank

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Bousculé par des vents contraires (tensions géopolitiques internationales, inflation persistante, dettes publiques élevées…), le continent africain plie mais ne rompt pas. Tel est l’un des principaux enseignements du dernier rapport de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), consacré aux perspectives économiques africaines pour l’année en cours. Publié le 30 mars et intitulé African Trade and Economic Outlook 2026 / Moving Up The Ladder: Capturing More Value from Africa’s Commodities, le document souligne que nombre de signaux sont au vert. Après une croissance de 3,4 % en 2024, l’économie africaine a ainsi accéléré à 4,2 % en 2025 et devrait même atteindre 4,3 % en 2026, portée par la demande intérieure, la progression des services et un regain des investissements dans les infrastructures.

Paradoxalement, cette fragilité coexiste avec un potentiel largement sous-exploité, estime l’institution dédiée au financement du commerce en Afrique. Le rapport met notamment en évidence un écart massif entre les performances actuelles et les capacités réelles du continent, les équipes d’Afreximbank relevant que « l’Afrique exporte 433,8 milliards de dollars de moins que son potentiel ne le permettrait ». Un chiffre vertigineux qui correspond, peu ou prou, au PIB de l’Afrique du Sud (426 milliards de dollars), première puissance économique du continent.

En cause, « un faible niveau de transformation locale, qui freine l’intégration de l’Afrique aux chaînes de valeur mondiales ». Ce déficit concerne principalement des secteurs à forte valeur ajoutée – industrie, chimie, agro-transformation ou technologie – qui restent encore insuffisamment développés. « Les gains potentiels sont pourtant considérables », plaident les auteurs du rapport. Afreximbank estime par exemple que les agro-industriels africains pourraient augmenter leurs revenus à l’export de plus de 42 %, tandis qu’une transformation accrue des minerais se traduirait par 120 milliards de dollars d’exportations supplémentaires. Autrement dit, l’Afrique continue d’exporter des ressources brutes plutôt que des produits transformés ; un modèle qui, à long terme, contraint sa trajectoire de développement.

Dans ce contexte, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) apparaît comme un levier stratégique majeur. Officiellement lancé en juillet 2019, ce processus d’intégration continentale bénéficie désormais du soutien de la quasi-totalité des pays africains, même si sa mise en œuvre concrète progresse encore lentement. Le commerce intra-africain ne représente ainsi que 18 % des échanges commerciaux du continent, soit l’équivalent de 230 milliards de dollars.

Pourtant, « la ZLECAf représente bien plus qu’un simple accord commercial, […] elle consolide la position de l’Afrique dans les négociations internationales », insistent les analystes d’Afreximbank, pour qui l’objectif premier est de réduire la dépendance aux marchés extérieurs et structurer des chaînes de valeur régionales. Reste à transformer cette feuille de route en actes concrets, qui permettront la réussite du projet d’intégration porté par la Zlecaf : infrastructures, logistique, financement du commerce… Sans amélioration significative de ces conditions, l’intégration régionale risque de rester partielle, et son impact économique limité.

Au final, tout dans le rapport African Trade and Economic Outlook 2026 converge vers un enjeu central : la capacité du continent à transformer ses ressources primaires en produits à plus forte valeur ajoutée. « La trajectoire de l’Afrique au cours de la prochaine décennie dépendra moins de la volatilité de l’environnement extérieur que de la capacité du continent à s’adapter à la transformation en cours du système mondial et à en tirer parti de manière stratégique », résume Yemi Kale, économiste en chef d’Afreximbank.

Rédaction
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