(BFI) – Le financement des initiatives portées par les étudiants camerounais pourrait franchir une nouvelle étape. Une microfinance dédiée, en cours de mise en place par l’Association nationale des institutions privées d’enseignement supérieur (Anipes), veut répondre au déficit d’accès aux ressources financières qui freine de nombreux projets entrepreneuriaux en milieu universitaire.
Présentée le 1er avril 2026 au ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, l’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de rapprochement entre l’université et le monde économique.
Conduite par la nouvelle présidente de l’Anipes, Francisca Biaka, la délégation a détaillé les contours d’un dispositif pensé pour accompagner les étudiants depuis l’idée de départ jusqu’à la concrétisation de leurs projets. Encore en phase de finalisation, la future microfinance attend son agrément de la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac), régulateur bancaire de la Cemac. Dans l’intervalle, un guichet transitoire doit être ouvert dès le 2 avril au sein de CCA Bank, afin de préparer le déploiement du mécanisme.
Le modèle retenu repose sur un parcours structuré. Les étudiants porteurs de projets seront d’abord sélectionnés, puis orientés vers des phases de préincubation et d’incubation. Ce n’est qu’à l’issue de ce processus de maturation que les projets jugés viables pourront accéder au financement. Parallèlement, les membres de l’Anipes devront constituer un dépôt de garantie au plus tard le 30 avril 2026, condition jugée nécessaire à l’opérationnalisation complète de la structure. Les premiers financements sont attendus à partir du 1er septembre 2026.
Au-delà du crédit, le dispositif se veut aussi un outil d’encadrement. L’enjeu n’est pas seulement de financer des idées, mais de former, d’accompagner et de labelliser les projets pour en améliorer les chances de réussite. Cette logique s’inscrit dans le prolongement des réformes engagées dans l’enseignement supérieur, notamment la loi du 25 juillet 2023, qui consacre l’entrepreneuriat universitaire. Elle s’appuie également sur le Statut national de l’étudiant-entrepreneur (Snee), conçu pour encourager les jeunes à créer leurs propres opportunités dans un contexte de chômage persistant des diplômés.
Le ministre Jacques Fame Ndongo, qui a salué une initiative « louable et pertinente », a appelé à accélérer sa mise en œuvre. Il a réaffirmé l’engagement des pouvoirs publics en faveur des projets soutenant l’insertion professionnelle des jeunes, en cohérence avec les orientations du président Paul Biya, qui a décidé de placer cette frange de la population au centre de son nouveau septennat.




