(BFI) – Le Cameroun a formalisé, le 13 février dernier, un accord financier international d’un montant global de 111,6 milliards de Fcfa destiné à la reconfiguration du réseau d’alimentation en eau potable dans la capitale. Le montant financier repose sur trois guichet bancaire européens : ING Banque de Belgique (39,36 milliards de FCFA), Belfius Bank de Belgique (39,36 milliards de FCFA) et Deutsche Bank Italie (25,27 milliards de FCFA).
Le projet est présenté comme une excroissance du Projet d’approvisionnement en eau potable de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga (Paepys), achevé et inauguré depuis 2024. Le Paepys a permis de construire une nouvelle station de production sur la Sanaga, à Batschenga (région du Centre), d’une capacité de 300 000 m³/jour, extensible à 400 000 m³/jour.
Au ministère de l’Eau et de l’Énergie, il est soutenu que, malgré ce renforcement de la production, l’infrastructure ne suffit pas à elle seule à améliorer la desserte de toutes les populations. La station d’Akomnyada ne produisant que 100 000 m³/jour pour une demande estimée à 315 000 m³/jour, le Paepys a vocation à combler le gap de 215 000 m³. Mais, selon les autorités, la configuration actuelle du réseau de distribution empêcherait d’alimenter certains quartiers et zones, d’où la nécessité d’une reconfiguration adaptée à la nouvelle source et aux nouveaux flux.
Objectifs : intégrer 285 000 m³/jour, 30 000 branchements
Lors de la défense de son enveloppe budgétaire à l’Assemblée nationale en décembre 2025, la ministre de l’Eau et de l’Énergie a précisé que « ce projet vise à garantir l’intégration harmonieuse dans le réseau d’eau potable de la ville de Yaoundé, du flux d’eau additionnel d’une capacité de 285 000 m³/jour qui viendra du Paepys ; à accroître la proportion de la population de la métropole de Yaoundé (Yaoundé urbain, Soa, Mbankomo) qui utilise l’eau potable pour passer de 40 % à 61 %, ceci à travers la réalisation de 30 000 nouveaux branchements particuliers ».
Rendement, stockage, canalisations : des gains techniques chiffrés
Au-delà de la desserte, le ministre Gaston Eloundou Essomba indique que le projet doit contribuer à « améliorer le rendement de réseau » de 50 % à 71 %, à augmenter la capacité de stockage de 100 310 m³ à 122 810 m³, et à étendre le réseau structurant, secondaire et tertiaire via la pose de 525 km de canalisations.
Selon Alamine Ousmane Mey, « à travers l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, le projet va accroître la contribution du Cameroun à l’atteinte du sixième objectif de développement durable, l’ODD 6, qui tend à “garantir à tous l’accès à l’eau, à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau” ».
La signature intervient alors que s’achevait à Yaoundé le 23ᵉ congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA), organisé par le Cameroun. Durant ces assises, les participants ont estimé difficile l’atteinte de l’ODD 6 en Afrique à l’horizon 2030, compte tenu du retard du continent sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Au Cameroun, selon les officiels, plus de 30 % de la population n’a toujours pas accès à l’eau potable, à quatre ans de l’échéance fixée par les Nations Unies.
Omer Kamga




