(BFI) – Le Cameroun a levé 415 milliards de Fcfa lors d’une récente émission d’une euro obligations sur les marchés internationaux. Cette opération ne couvre toutefois qu’une partie du programme d’emprunts internationaux de 1 000 milliards de Fcfa comptant pour l’exercice 2026 récemment autorisé par le Président de la République. Pour mobiliser le reste, les autorités financières disent désormais travailler à l’obtention des garanties auprès de la Banque africaine de développement (BAD et de l’assureur africain Atidi.
« Oui, effectivement le chef de l’Etat a habilité le ministre des finances à emprunter, je disais tantôt, 400 milliards de Fcfa sur les marchés financiers domestiques, à négocier auprès des banques 250 milliards de Fcfa et à émettre 1000 milliards de Fcfa à l’international. Nous espérons que les conditions de marché vont s’améliorer pour la mobilisation du reliquat (sur le marché international) qui est d’environ 585 milliards de Fcfa » a indiqué Samuel Tela, directeur de la trésorerie au ministère des Finances, dans une interview accordée à la télévision nationale.
Pour sécuriser cette seconde phase, le ministère des Finances cherche à améliorer les conditions de financement en s’appuyant sur des institutions mieux notée que le Cameroun. Samuel Tela indique que des discussions sont engagées avec la BAD afin qu’elle se porte garante des prochaines opérations. « Nous avons engagé des discussions avec la Banque Africaine de développement qui a une meilleure notation que le Cameroun notamment a, AA, peut se porter garante et nous permettre de nous endetter à des conditions plus intéressantes auprès des investisseurs ».
La même approche est suivie avec Atidi, organisme panafricain d’assurance des risques liés aux prêts souverains, dont le Cameroun est membre. « Nous avons engagé la même démarche avec Atidi qui est un organisme d’assurance pour les prêts du Cameroun étant membre et qui assure d’ailleurs la présidence du conseil d’administration. Nous avons engagé des discussions avec Atidi auprès des compagnies d’assurance pour qu’ils nous apportent également leurs garanties pour mobiliser tout ou partie des montants qui restent ».
Ces démarches s’inscrivent dans le cadre du décret signé le 21 janvier 2026 par le Président Paul Biya, qui autorise le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, à mobiliser 1650 milliards de Fcfa sur les marchés intérieurs et extérieurs. Les fonds doivent servir au financement des projets de développement ainsi qu’au règlement des restes à payer de l’Etat. D’après les données gouvernementales, ces impayés atteignaient 485,4 milliards de Fcfa à fin septembre 2025. Leur accumulation fragilise la trésorerie des fournisseurs publics et peut freiner l’activité des entreprises dépendantes de la commande publique.
Le décret présidentiel répartit les sources de financement. Sur le marché intérieur, 400 milliards de Fcfa doivent être levés via des obligations de Trésors ou des obligations de Trésors assimilables. A cela s’ajoutent 250 milliards de Fcfa attendus sous forme de prêts directs d’organismes privés domestiques. Le volet international prévoit pour sa part 1000 milliards de Fcfa.




