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Le Cameroun reçoit une offre de 100 milliards de Fcfa de Naxya Holding pour le rachat des actifs d’Alucam

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Dans le document, Naxya Holding inscrit sa démarche dans un projet de restructuration et de modernisation, adossé à une logique de chaîne de valeur et d’accès au marché continental. « Faisant suite à notre manifestation d’intérêt pour une prise de participation dans la société Alucam SA, en date du 05 juin 2024, dans le cadre des négociations relatives aux synergies de fourniture de la matière première par Alucam à Proalu, nous, Naxya Holding, maison-mère de la société Proalu, venons par les présentes faire à l’Etat du Cameroun notre offre de partenariat stratégique et capitalistique pour la restructuration et la modernisation d’Alucam, dans la perspective de faire de cette dernière la première industrie industrialisante de la sous-région sur la chaîne de valeur bauxite-alumine-aluminium, pour la conquête réussie du marché de la Zlecaf – Zone de libre-échange continentale africaine, NDLR », peut-on lire.

Naxya Holding ne précise pas le volume d’actions qu’elle souhaite acquérir dans le cadre de ce « partenariat stratégique et capitalistique » avec l’État du Cameroun. En revanche, la maison-mère de Proalu SA indique être disposée à injecter 100 milliards de FCFA et plaide pour « un actionnariat mixte avec la partie publique, nécessaire pour une efficacité, une efficience stratégique et opérationnelle en cohérence avec la politique industrielle choisie par le gouvernement de la République… ».

La ruée des investisseurs après 10 ans d’attente

Pour étayer son intérêt, Naxya Holding met en avant la relation contractuelle déjà nouée entre sa filiale et Alucam. « Pour mémoire, notre filiale Proalu s’est déjà engagée à travers une avance de trésorerie à Alucam de 10 milliards Fcfa afin de faciliter la relance de ses activités, contre une garantie de fourniture de produits, et nous nous sommes également engagés à garantir à Alucam un off-take de plus de FCFA 48 milliards minimum par an. A ce titre, nous sommes la première garantie de la relance de la société Alucam et de sa crédibilité bancaire à date », rappelle la holding dans sa note au chef du gouvernement.

Depuis le 13 août 2024, Proalu SA et Alucam sont liés par un contrat commercial garantissant l’achat par Proalu SA de 2 500 tonnes d’aluminium par mois. Ce volume représente environ 4 milliards de FCFA de revenus mensuels, soit 48 milliards de FCFA par an. Le contrat prévoit aussi une facilité de trésorerie de 10 milliards de FCFA au profit d’Alucam, mobilisable par Proalu SA en cas de nécessité.

Dès l’année 2024, cette facilité a été activée, permettant à Alucam d’oxygéner sa trésorerie via une avance de 10 milliards de FCFA. Un mécanisme qui sécurise une part du chiffre d’affaires annuel et apporte une liquidité jugée significative, dans un contexte où l’entreprise peinait à attirer des repreneurs.

Ce contrat semble avoir relancé l’appétit d’investisseurs pour Alucam, recherchée en vain depuis la sortie de Rio Tinto de son tour de table en 2014. Dix ans ont ainsi été nécessaires — malgré le lancement en 2015 d’un appel d’offres visant à recruter une banque d’affaires pour aider l’État à trouver un partenaire stratégique — et un accord commercial avec Proalu SA, pour que l’unique producteur d’aluminium dans la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) redevienne courtisé.

Une entreprise en difficulté depuis plus d’une décennie

Pour la seule année 2025, trois investisseurs ont transmis au gouvernement camerounais des offres de rachat des actifs d’Alucam. Avant Naxya Holding, Eagle Eye — véhicule d’investissements immatriculé à Singapour et appartenant au groupe Arise IIP du milliardaire indien Gagan Gupta — a fait part de son intention d’acquérir 70 % des actifs d’Alucam.

Le trader suisse Bathco, présent sur les marchés de l’aluminium et des métaux stratégiques, affiche une ambition plus élevée : prendre le contrôle de 80 % d’Alucam, pour un investissement estimé à plus de 78 milliards de FCFA. Entre ces trois offres, l’État devra trancher, avec en toile de fond la survie d’un acteur industriel affaibli.

Car Alucam accumule des pertes depuis plus d’une décennie, selon ses états financiers : -23,7 milliards de FCFA en 2024, -23,6 milliards de FCFA en 2023, -8 milliards de FCFA en 2022, -14 milliards de FCFA en 2020, -23 milliards de FCFA en 2019. Le Trésor public est par ailleurs souvent sollicité pour payer les consommations d’électricité, selon le même ensemble de documents.

Selon un rapport d’audit publié en novembre 2024 par la Chambre des Comptes de la Cour suprême, la restructuration nécessite une recapitalisation de 43 milliards de FCFA. Cet apport, précise l’institution, doit permettre de « remettre à niveau son outil de production de fonderie et de revenir à une production annuelle d’aluminium primaire de l’ordre de 110 000 à 120 000 tonnes ». C’est le niveau de production sur lequel s’aligne l’offre de Naxya Holding, qui met aussi en avant « l’avantage de ne pas solliciter des capitaux directs de l’Etat » dans le cadre de la modernisation.

Rédaction
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