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Défis de la mise en œuvre d’une gestion de la transhumance transfrontalière en Afrique centrale en débat à Douala

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Depuis plusieurs décennies, la transhumance demeure un pilier essentiel des systèmes agropastoraux en Afrique centrale, particulièrement au Tchad, en République centrafricaine (RCA) et au Cameroun. Cette mobilité pastorale saisonnière contribue significativement à la sécurité alimentaire et à la résilience économique des communautés rurales, tout en jouant un rôle déterminant dans la stabilité socioéconomique des espaces frontaliers. Cependant, elle génère également des tensions récurrentes liées à la compétition pour les ressources naturelles, à la faiblesse des mécanismes de gouvernance et à l’insécurité transfrontalière.

La transhumance transfrontalière, étant considéré comme le déplacement saisonnier des troupeaux et de leurs bergers à travers les frontières nationales à la recherche de pâturages favorables, constitue une activité économique et traditionnelle majeure. Elle joue un rôle fondamental dans le développement économique, social et écologique de l’Afrique centrale.

Cependant, cette pratique est confrontée à des défis croissants : pression sur les espaces pastoraux, conflits d’usage des terres, insécurité, contraintes fiscales, difficultés d’application des politiques régionales, dégradation des pâturages, effets du changement climatique et problèmes de gouvernance. Ces contraintes compromettent la mobilité pastorale, menacent la survie des éleveurs et fragilisent la cohésion sociale ainsi que la sécurité alimentaire.

Face à ces défis complexes et interdépendants, la FAO réaffirme sa détermination à accompagner les États et les acteurs concernés dans la promotion d’une transhumance transfrontalière apaisée, durable et mieux intégrée à l’échelle sous-régionale.

« Notre sous-région dispose d’un cheptel parmi les plus importants d’Afrique subsaharienne, véritable pilier de nos économies et de nos cultures. Le pastoralisme transhumant, pratiqué depuis des siècles, demeure un vecteur de sécurité alimentaire, de développement rural et d’adaptation aux changements climatiques, tout en favorisant un équilibre écologique durable » souligne Mme Annie Claire Ngo Ongla, Directrice des pâturages de l’alimentation animale et des infrastructures d’élevages au Ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales (Minepia).

Le Projet PARTTAC, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par la FAO en partenariat avec les gouvernements concernés, constitue une réponse concrète à ces enjeux. « Il vise à renforcer la gouvernance et la gestion de la transhumance entre le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine, dans une approche intégrée de développement durable conciliant préservation des ressources naturelles, sécurité des populations et équilibre socio-économique » indique Gérald Tchatchoua, représentant FAO.

Au cours de ces deux journées d’atelier, les participants seront appelés à examiner le document stratégique élaboré, afin d’en assurer une appropriation optimale et de l’enrichir par des contributions. Notamment d’examiner la Stratégie commune de gestion de la transhumance transfrontalière à la lumière des priorités et cadres politiques nationaux, analyser les progrès, défis et perspectives de mise en œuvre du plan d’action conjoint RCA–Tchad et identifier les ajustements nécessaires pour son opérationnalisation, avec l’inclusion du Cameroun, définir les rôles, responsabilités et contributions de chaque ministère et institution nationale concernée (Élevage, Agriculture, Environnement, Sécurité, Affaires étrangères, Directions Nationales des Frontières etc.) dans la mise en œuvre coordonnée du plan d’action et de la stratégie.

L’objectif est d’améliorer sa qualité et de garantir sa cohérence avec les défis réels des pays et de la sous-région. Cet exercice sera répliqué au Tchad et en République centrafricaine, avant une validation au niveau sous-régional envisagée à N’Djamena dans les prochaines semaines.

Avec l’appui du Centre pour le Dialogue Humanitaire, quelques leçons apprises, issues des dialogues communautaires et inter-états seront partagées afin de capitaliser les acquis et adapter les approches. Cela permettra de mettre en place des mécanismes de coordination efficaces pour une gestion durable et pacifique de la transhumance transfrontalière.

Christian Trésor Adong

Rédaction
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