(BFI) – Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit d’envoyer une mission de ses services au Gabon en février prochain, dans le cadre de ses échanges devenus réguliers avec les autorités gabonaises, même si aucune demande formelle de programme n’a encore été déposée. C’est ce qu’a indiqué le vendredi 23 janvier 2026, un porte-parole de l’institution.
Selon le FMI, cette visite s’inscrit dans un contexte de dialogue renforcé avec la nouvelle équipe gouvernementale issue du récent remaniement à Libreville. « Les autorités ont intensifié leurs échanges avec le Fonds et ont exprimé leur intention de travailler en vue d’un programme soutenu par le FMI, mais nous n’avons pas encore reçu de demande officielle », a précisé le porte-parole.
La semaine dernière, le nouveau ministre gabonais de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, Thierry Minko (photo), a publié un communiqué officiel dans lequel il a annoncé que le gouvernement s’engageait à mettre en œuvre un programme de croissance économique « avec le soutien du FMI » et à intensifier les échanges techniques et institutionnels avec l’institution de Bretton Woods. Le texte, rendu public le mercredi 21 janvier souligne que cette démarche s’inscrit « dans l’intérêt macroéconomique de la sous-région CEMAC et pour répondre aux ambitions de développement économique et social du pays », sans toutefois préciser de calendrier ni de cadre juridique pour une éventuelle demande officielle de programme.
Un besoin de financement sous tension
Ce communiqué et l’annonce de la mission du FMI interviennent dans un contexte de pressions financières croissantes à Libreville, où la dépendance aux marchés régionaux de capitaux s’est accrue face à un accès difficile aux financements internationaux. En décembre 2025, l’agence Fitch Ratings a abaissé la note souveraine gabonaise en devises, en pointant une forte dégradation de l’appétit des investisseurs pour la dette du pays.
Le FMI indique que la mission prévue en février devra permettre d’évaluer l’évolution macroéconomique et budgétaire du pays, et d’échanger avec les autorités sur leurs priorités en matière de réformes économiques et de politiques publiques.
En octobre dernier, l’ancien vice-président Alexandre Barro Chambrier avait assuré que le Gabon n’envisageait ni restructuration ni reprofilage de sa dette. Il avait également évoqué un travail de révision des comptes nationaux, notamment le recalcul du produit intérieur brut (PIB), susceptible d’améliorer le ratio dette/PIB du pays. Fitch Ratings estime que la dette publique gabonaise représentera environ 80,4 % du PIB en 2025 contre environ 72,9 % en 2024, et pourrait poursuivre sa hausse dans les années suivantes (près de 85-87 % d’ici 2027), en raison des déficits budgétaires persistants.
Pour l’instant, aucune négociation formelle n’est engagée avec le FMI. Mais la perspective d’une mission en février confirme que Libreville et l’institution financière internationale maintiennent un canal de discussion étroit, dans un contexte économique et financier jugé de plus en plus contraint.
Antoine Mboussi




