(BFI) – Former des professionnels de santé compétents reste un pilier de la sécurité sanitaire. Au Cameroun, cette mission repose en grande partie sur les écoles de formation des personnels sanitaires sous tutelle du ministère de la Santé publique (Minsanté). Mais sur le terrain, le diagnostic est jugé préoccupant : infrastructures vieillissantes, équipements insuffisants et capacité d’accueil dépassée par la hausse des effectifs.
Dans plusieurs établissements, les salles de cours sont surchargées, les laboratoires peu ou pas fonctionnels, les bibliothèques inexistantes et les espaces pratiques inadaptés aux exigences actuelles de la formation médicale et paramédicale. Certains bâtiments, construits il y a plusieurs décennies, n’ont jamais fait l’objet de véritables travaux de réhabilitation, alors même que les effectifs d’apprenants augmentent chaque année.
Une réponse structurée avec l’appui de la Banque mondiale
Face à ces contraintes, le gouvernement engage une réponse dite structurelle, avec l’appui de la Banque mondiale via le Projet de sécurité sanitaire (HeSP). Ce programme vise à renforcer la surveillance des épidémies, améliorer la capacité de réaction aux urgences sanitaires et moderniser les infrastructures de santé.
Dans cette dynamique, un avis de sollicitation à manifestation d’intérêt a été lancé en janvier 2026 pour recruter un cabinet ou bureau d’études techniques chargé de conduire des études de réhabilitation, de rénovation et d’extension des écoles de formation sanitaire. L’objectif est d’établir un diagnostic précis de l’état des bâtiments et d’identifier les besoins en salles de classe, laboratoires, équipements biomédicaux, bibliothèques, logements et espaces administratifs, puis de proposer des solutions conformes aux normes pédagogiques modernes.
Douze écoles ciblées, cinq en priorité
Selon le document signé par le coordonnateur général du Programme d’appui à la réforme de l’éducation au Cameroun (Parec), Ambroise Owotsogo Onguene, et publié le 22 janvier 2026 dans le quotidien public Cameroon Tribune, douze écoles feront l’objet d’études d’avant-projet sommaire (APS) et détaillé (APD). Elles sont situées à Yaoundé (4), Douala (3), Garoua (1), Bafoussam (2) et Limbe (2).
Parmi ces établissements, cinq présentant « un état de dégradation avancé » seront ciblés en priorité pour les premières interventions. Le document ne précise pas, à ce stade, la liste des cinq écoles prioritaires.
Objectif : remettre la pratique et les standards au centre
L’enjeu est de créer un environnement d’apprentissage fonctionnel et conforme aux standards internationaux, afin que les futurs infirmiers, aides-soignants, techniciens médico-sanitaires et autres agents de santé se forment dans de meilleures conditions, y compris sur le plan pratique.
« Ce projet constitue une étape cruciale pour l’opérationnalisation des investissements prévus dans le cadre du projet HeSP et permettra à terme d’améliorer durablement la qualité de l’enseignement et de la formation sanitaire au Cameroun », souligne le document.




