(BFI) – Le Gabon franchit une étape décisive dans la régulation de son secteur des jeux de hasard avec la création de la « Gabonaise des Jeux », un opérateur public destiné à encadrer et exploiter cette activité longtemps dominée par des acteurs privés. La décision, entérinée lors du Conseil des ministres du 18 décembre 2025 a été une fois de plus au coeur des échanges du conseil des ministres de lundi 29 décembre 2025. Cette attention traduit une volonté politique claire : reprendre la main sur un domaine à forte rentabilité mais aussi porteur de risques sociaux.
L’exploitation des jeux de hasard au Gabon souffrait d’un encadrement insuffisant. Les opérateurs privés, souvent étrangers, captaient une part importante des revenus, tandis que l’État peinait à en tirer des bénéfices significatifs. La mise en place de la « Gabonaise des Jeux » vise à centraliser les recettes, garantir leur traçabilité et les transformer en ressources fiscales au service du développement national. À l’image de la Loterie Nationale au Sénégal ou de la Française des Jeux, le Gabon entend désormais faire de ce secteur un instrument de souveraineté économique.
La création de cet opérateur public ne se limite pas à une logique de rentabilité. Elle s’inscrit également dans une démarche de responsabilité sociale. Les jeux de hasard, s’ils constituent une source de divertissement et de revenus, sont aussi associés à des risques d’addiction et de précarisation. En reprenant le contrôle, l’État gabonais ambitionne de mettre en place des mécanismes de prévention, de sensibilisation et de régulation plus stricts. L’objectif est double : maximiser les retombées économiques tout en minimisant les dérives sociales.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de réappropriation des secteurs stratégiques par l’État gabonais. Après les hydrocarbures et les mines, le domaine des jeux de hasard devient un nouveau levier de diversification économique. La « Gabonaise des Jeux » pourrait ainsi contribuer à réduire la dépendance du pays aux ressources naturelles, en générant des revenus alternatifs et pérennes.
À moyen terme, la réussite de cette réforme dépendra de la capacité de l’opérateur public à instaurer une gouvernance transparente, à garantir l’équité dans l’exploitation des jeux et à réinvestir les bénéfices dans des projets sociaux et économiques. Si elle est menée avec rigueur, la « Gabonaise des Jeux » pourrait devenir un véritable exemple de souveraineté retrouvée et un modèle de régulation en Afrique centrale.
Antoine Mboussi




