AccueilSecteursAgricultureLa Semry coure-t-elle un risque de privatisation ?

La Semry coure-t-elle un risque de privatisation ?

-

Les discussions entre la Semry et le conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat public-privés (Carpa) « ont porté sur le périmètre des missions à déléguer aux privés, l’état de maturité institutionnelle du projet ainsi que la définition d’un plan d’actions pour mener cette opération à terme ». L’opération de mise en concession évoqué, consiste à confier à un partenaire privé la gestion, la maintenance et l’exploitation d’un actif public, tout en conservant la propriété. Le concessionnaire assume les investissements, réhabilitation et modernisation nécessaire, en échange d’un droit d’exploitation limité dans le temps.

Cette démarche n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un plan de restructuration plus large, déjà suggéré par la chambre des comptes de la Cour Suprême. Dans un rapport d’audit rendu public en 2025 et couvrant la période 2018-2021, la juridiction financière avait tiré la sonnette d’alarme sur la viabilité de la Semry. L’institution soulignait qu’une entreprise incapable de fournir à ses clients dont le coût de revient dépasse le prix de vente est vouée à disparaitre. Le même rapport indiquait que les prestations rizicoles, cœur de métier de la Semry depuis sa création en 1971, génère un déficit structurel chronique que le budget de l’Etat ne peut plus absorber.

Selon les données financières publiées par la chambres des comptes, la situation de l’entreprise est proche du point de rupture. En 2021, la Semry a dépensé 2,8 milliards de Fcfa pour ses activités agricoles sur les 10 348 hectares de Yagoua et Maga, comprenant le travail mécanisé, l’alimentation en eau d’irrigation, l’entretien du réseau hydraulique, la maintenance des pistes et la production des semences de base. Le Coût moyen s’élevait à 276 547 Fcfa par hectare, alors que la redevance agricole réglée par les exploitants reste fixée à 102 000 par hectare soit 1,3 milliard de Fcfa à l’échelle de 10.000 hectares. L’entreprise doit aussi faire face à un très faible recouvrement des redevances. Pour la campagne de saison sèche 2023-2024 dans le secteur de Maga, la direction indique que seulement 32% des riziculteurs avaient payés avant la date butoir du 31 octobre 2023 et plus de 20% n’avaient toujours rien réglé malgré l’utilisation effective des parcelles préparée par l’entreprise.

Pour compenser ces pertes, l’Etat a versé 1 milliard de Fcfa en 2018, décaissé en 2019 puis 300 millions de Fcfa en 2020, payés en 2021, soit 1,3 milliard versé entre 2018 et 2022. Ces appuis sont jugés irréguliers et insuffisants tant par la chambre des comptes que par la direction de la Semry. Face à cette impasse financière, la chambre des comptes recommande de réduire le périmètre d’activités notamment en abandonnant le labour et la gestion directe des parcelles. La mise en concession des usines, actuellement en étude, constitue ainsi une première étape de cette transformation.

A la suite de l’atelier de Yaoundé, un plan d’actions opérationnel doit être élaboré. Il définira le champs d’intervention du concessionnaire, ses obligations d’investissement, le mécanisme de partage des risques ainsi que le calendrier de transfert technique et institutionnel.

Rédaction
Rédaction
Média multi-support édité par l’Agence Rhéma Service, cabinet de communication et de stratégie basé à Douala, Business & Finance International regroupe des partenaires internationaux issus du monde des médias, des affaires et de la politique, mus par la volonté de fournir une information vraie, crédible et exploitable pour un investissement sûr en Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici