(BFI) – Conformément au programme de déroulement des Rencontres économiques du Cameroun édition 2025, tenue du 26 au 27 février, les 8 ateliers thématique se sont effectivement tenus et ont aboutis chacun à la formulation de recommandations dont l’objectif est la correction des pesanteurs relevées. Globalement, c’est plus de 70 recommandations qui ont été retenues donc la pertinence nécessite une expertise profonde.
S’agissant du premier Atelier relatif au Développement de l’Agribusiness autour du thème politique agricole et import substitution : comment réussir la transformation ?
Les recommandations suivantes ont été formulées :
- Établir un cadre permanent de concertation entre le gouvernement et le secteur privé.
- Mettre en place des subvention agricoles (notamment sur la mécanisation).
- Accélérer la réforme foncière
- Communiquer sur l’offre de mécanisation agricole et formations des acteurs (CENEEMA).
- Promouvoir l’Agri-Busines (Conférences débats, Salons agricoles et Foires).
- Encourager la transformation et la consommation locale (Promotion du Made in Cameroon)
Le deuxième Atelier sur les questions fiscales et douanières avait pour thème « quelle cohérence entre politique économique et politique fiscale ».
Les recommandations suivantes ont été formulées :
Recommandations d’ordre général
- Doter les parlementaires d’outils leur permettant de mesurer la cohérence entre la politique économique et la politique fiscale lors de l’adoption de la Loi de Finances ;
- Préserver la saine concurrence lors de l’octroi des incitations fiscalo-douanières aux opérateurs économiques, notamment, Finaliser le processus en cours de réforme de la loi d’avril 2013 ;
- Introduire la prévisibilité dans les mécanismes d’entrée en vigueur des dispositions des lois de finance ayant un impact immédiat sur la rentabilité des entreprises.
- Mettre en place une commission en charge de proposer une rationalisation des taxes parafiscales pour limiter la prolifération observée ;
- Renforcer et pérenniser le dialogue entre Administrations fiscales et douanières et opérateurs économiques ;
- Confier à une entité existante au sein du Gouvernement la charge de surveiller la répercussion aux consommateurs en termes de prix sur le marché des exonérations ou abattements fiscalo-douaniers consentis aux entreprises sur certains produits.
Recommandations à l’attention de l’Administration fiscale :
- Revoir le système de détermination du minimum forfaitaire dont le taux actuel de 2,2% assis sur le chiffre d’affaires est inadapté. Confirmer la suppression de la retenue de 5,5% aux entreprises assujetties à l’IGS.
- Finaliser le processus d’interfaçage DGSN-DGI dans le cadre de l’immatriculation des contribuables nécessaire à l’accroissement de la population fiscalisable permettant l’élargissement de l’assiette fiscale ;
- Poursuivre le processus d’opérationnalisation des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers.
Recommandations à l’attention de l’Administration douanière :
- Veiller au respect scrupuleux des délais d’intervention des équipes douanières lors des contrôles à posteriori.
Recommandations à l’attention du Patronat :
- Encourager les entreprises à se rapprocher systématiquement de la DGI et la DGD pour clarifier le traitement fiscal ou douanier applicable à leurs opérations ;
- Sensibiliser les entreprises sur le civisme fiscal, et notamment à répercuter sur les prix pratiqués les avantages des facilités fiscales et douanières qui leur sont accordées ;
- Formuler des plaidoyers à l’attention des Administrations fiscales et douanières sur la base d’études mettant en avant les coûts ou les gains potentiels pour l’État.
Le troisième atelier sur l’énergie et l’industrie avait pour thématique « quelle politique énergétique pour un développement industriel efficient ?»
Les recommandations suivantes ont été formulées :
Sur l’offre et l’autonomie énergétique,
- Développer les politiques d’efficacité́ énergétique afin de réduire les pertes, optimiser la consommation et garantir une meilleure rentabilité́ du réseau électrique,
- renforcer les actions en faveur d’un mix énergétique plus compétitif en développant notamment gaz et le solaire ou encore la valorisation des déchets (y compris agricoles) pour la production d’Energie ;
- renforcer l’implication des collectivités territoriales décentralisées dans la production et la commercialisation d’Energie.
Sur le coût de l’électricité,
- mener la réflexion pour formuler une politique de tarification plus compatible aux ambitions de productivité et compétitivité de l’industrie ;
Sur le cadre réglementaire,
- Libéraliser effectivement la production et de la commercialisation d’énergie,
- Mettre en place des politiques d’allégement fiscal et douanière sur les importations des équipements ayant trait à la production des énergies renouvelables ;
- Repenser la gouvernance de Sonatrel pour une meilleure performance en termes de transport.
Sur le financement et l’équilibre financier du secteur,
- assurer l’apurement de la dette publique envers l’opérateur et réviser profonde du mode de gestion de la consommation publique de l’électricité qui soit adaptée aux exigences d’efficacité du secteur ;
- densifier l’usage des PPP pour renforcer l’implication du secteur privé dans le redressement du secteur ;
Le quatrième atelier avait pour thématique « la place de la gouvernance dans la compétitivité des entreprises publiques et privés ».
Les recommandations suivantes ont été formulées :
- Edicter des règles de gouvernance qui prennent en compte le contexte social et culturel particulier de notre pays afin qu’ils soient intégrés plus facilement et mis en œuvre dans le respect de notre environnement anthropologique ;
- Intégrer le respect des valeurs éthiques et de l’intérêt collectif dans l’éducation (dès le bas âge) afin de combattre les pratiques non éthiques telle que la corruption qui sont un frein au développement et à la compétitivité ;
- Mettre en application des sanctions strictes et systématiques contre la corruption dans les services publics ;
- Que l’Etat qui est le garant de la gouvernance économique globale joue son rôle d’assurer la stabilité et la prévisibilité de la règle de droit, une justice efficace ;
- Que les entreprises soient plus sensibilisées sur les solutions contenues dans le code de bonne gouvernance élaboré par le GECAM avec l’aide du Groupe AFD-Proparco et adopte les principes qui y sont contenus ;
Le cinquième atelier sur le développement de infrastructures avec pour thème « de la nécessité d’un investissement infrastructurel intensif indispensable pour augmenter la croissance »
Les recommandations :
- Renforcer les partenariats public-privé (PPP), notamment, réformer le CARPA pour lui donner les capacités et les ressources nécessaires. (malgré le fait qu’il y a une loi votée en 2023 mais nécessité de tous les textes d’applications) ;
- Simplifier les procédures réglementaires et rationaliser le processus d’approbation des projets ;
- Renforcer les mesures de lutte contre la corruption en garantissant un processus de passation des marchés transparent et un suivi numérique des marchés publics
- Améliorer la coordination entre les gouvernements centraux, régionaux et municipaux pour améliorer l’exécution et la surveillance des projets
- mettre en place un programme intégré de réhabilitation des routes avec l’implication du secteur privés, ainsi que de validation des projets avant leur mise en œuvre
- mettre en place une réflexion globale en intégrant davantage le secteur privé pour définir les priorités, élaborer des programmes d’infrastructures
- que l’Etat doit renforce ses outils de planification stratégiques dans le choix, le financement et la gestion des infrastructures5.
Le sixième atelier, Numérique et innovation pour l’entreprise avec pour thématique « comment rattraper dans la transformation numérique des entreprises et administration ? »
Les recommandations
- mettre en place et développer un portail gouvernemental des services ;
- Mettre en place une Entité Indépendante pour la Transformation Numérique de la société Camerounaise ;
- Améliorer l’offre en formations numérique des programmes universitaires et techniques en adéquation avec les besoins du marché du travail ;
- Favoriser l’adoption des technologies émergentes avec une réglementation plus flexible ;
- Sensibiliser les dirigeants et les employés à l’importance du numérique dans la compétitivité des entreprises ;
- Mettre en place des incitations pour l’adoption des solutions digitales dans les administrations et les entreprises ;
- Mettre en place un Conseil National du Numérique (CNN), qui est une instance stratégique pour accompagner la transformation digitale du pays et renforcer son positionnement dans l’économie numérique ;
- Renforcer la gouvernance de la régulation ;
- Mise en place par CAMTEL d’une offre d’interconnectivité locale ;
- Faciliter l’accès des TPE/PME du numérique à la commande publique ;
- Soutenir et accompagner les startups locales dans les secteurs émergents (Cloud, IoT, IA, etc.) ;
- Adapter la transformation digitale à nos besoins socioculturels ;
- Développer une Stratégie d’Intelligence Économique des Données pour la Transformation Numérique
Le septième atelier sur le financement des PMEs avec pour thématique « financement des PMEs, qu’est-ce-qui cloche ? »
Les recommandations
- Améliorer l’éducation financière des dirigeants des PME, notamment dans le montage des business plan et la gestion financière pour réduire le taux de créances en souffrante des pme;
- Améliorer la tenue comptable et fiscale des PME ;
- Réduire les asymétries d’informations en mettant en place des plates-formes de dialogue entre PME et banques ;
- Multiplier les fonds de garantie facilitant l’accès des PME au financement ;
- Favoriser la structuration des PME afin d’en améliorer la gestion ;
- Développer le marché interbancaire
- Renforcer les actions de promotion de la soutraitance dans la relation PME GE
- Sensiliser les PME au recour aux modes de financement alternatif ;
- Multiplier les structures d’incubation
- Sensibiliser les pme sur outils de financement mis en place par le gouvernement et aux partenaires techniques et financiers
Le huitième atelier les questions de formation et employabilité sur le thème : « comment accroître l’employabilité des jeunes ? »
- R1- Faire une refonte globale des programmes de formation au niveau supérieur et professionnel pour les adapter aux besoins des secteurs productifs identifiés (SND30, Patronat … ;
- R2- Elaborer et mettre en place une Stratégie Nationale d’éducation à l’entrepreneuriat et introduire l’éducation à l’entrepreneuriat dans le système éducatif ;
- R3- Promouvoir les certifications de courtes durées ;
- R4- Renforcer les incitations à l’embauche, aux stages professionnels d’apprentissage et les facilitations fiscales ;
- R5- Renforcer et institutionnaliser la relation entre les instituts de formations et le Patronat ;
- R6- Intégrer les acteurs de la Formation Professionnel dans la commission nationale des politiques économiques du pays.
Enfin Trois recommandations globales sont également formulées en l’occurrence :
- Adapter la stratégie globale de développement à l’environnement géoéconomique et politique international et national ;
- Restructurer le dispositif de mise en œuvre et de suivi évaluation sous un modèle participatif (secteur public, secteur privé) ;
- Mettre en place, par un acte formel de Son Excellence Monsieur Premier Chef du Gouvernement, un comité participatif ou paritaire dédié au monitoring des recommandations ci-dessus formulées