2,648 milliards pour assurer la survie de Camair Co

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Camair Co

(BFI) – Les nuages s’amoncèlent au-dessus du ciel du transporteur aérien camerounais. Les difficultés financières vont-elles cette fois-ci emporter « l’étoile du Cameroun » ? On n’en est plus loin. Espérant que la négociation envisagée avec la Commission Technique de Réhabilitation des entreprises publiques (CTR) approuve le déblocage d’un montant de 2,648 milliards pour assurer sa relance.

On savait la Camair-co au bord de l’asphyxie financière depuis le démarrage de ses activités en 2011. Cette entreprise de transport aérien née sur les cendres de la défunte Camair et détenue à 100 % par l’Etat camerounais n’a jamais fonctionné de manière autonome, du moins en ce qui concerne son financement. Tenue à bout de bras par l’Etat, unique actionnaire, la Camair-co a survécu jusqu’ici grâce aux incessantes subventions publiques, au point d’être considérée aujourd’hui par des analystes comme un véritable Tonneau de Danaïdes.

Si la Camair-co est connue comme une entreprises permanemment « fauchée », force est de constater que les nuages ne se sont jamais amoncelés avec l’épaisseur que l’on connait aujourd’hui. La compagnie nationale de transport aérien ne traverse pas une zone de turbulences. Elle s’y est installée, durablement semble-t-il.

Financièrement à l’agonie, étranglée par des dettes et créances de plus ou moins grande importance, la compagnie peine à s’entendre avec fournisseurs, partenaires d’affaires et même avec son personnel qui ploie sous des mois d’arriérés de salaires et agite de plus en plus régulièrement des menaces de grève. Tout récemment la SITA, entreprise chargée de l’hébergement du système de réservations et de gestion des enregistrements a menacé de suspendre la compagnie. Pendant plus de 24 heures, aucun billet n’a été émis sur les réseaux domestique et régional. « Une première depuis le début des opérations de Camair-Co en mars 2011 », commente-t-on. Cette menace a précédé celle de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et Madagascar (ASECNA), qui réclamait 107 millions de FCFA d’arriérés sur les prestations fournies. Nos sources indiquent que la compagnie trainerait de ridicules factures d’hôtel pour le personnel naviguant. C’est dire le niveau de déliquescence financière de « l’étoile du Cameroun »

Dans ces conditions, quel crédit peut-on accorder à la mission effectuée récemment au Canada au siège de l’avionneur Airbus par le top management de Camair-Co ? Le 25 septembre dernier, l’usine d’assemblage des aéronefs Airbus A220 de Montréal a reçu Jean Ernest Ngallé Bibéhé, le ministre camerounais des Transports par ailleurs PCA de Camair Co et Louis Georges Njipenji Kouotou, le directeur général. Ces deux responsables de la compagnie aérienne sont venus, dit-on, poursuivre des discussions avec les responsables d’Airbus, dans l’optique d’un contrat de location ou d’achat d’aéronefs.

Toujours est-il qu’appelé à la rescousse afin d’éviter un « arrêt d’activité », le ministre camerounais des finances vient d’opposer une fin de non-recevoir à la demande des dirigeants de Camair-Co, préférant les orienter vers la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques qui devrait incessamment examiner les conditions de nouveaux concours bancaires à la compagnie. Selon un document officiel signé du Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le directeur général de Camair Co, Louis Georges Njipenji Kouotou, est « inviter à prendre part, (…) à la réunion consacrée à l’examen des modalités relatives à la négociation d’un concours bancaire à contracter au profit, qui se tiendra le mardi 15 octobre 2019 à 12h30 minutes dans la salle des réunions de la Commission Technique de Réhabilitation… ». Cette convocation fait suite à une correspondance du DG de la Camair Co adressé à la CTR avec pour objet « Risque d’arrêt des activités de la Camair Co » du 29 septembre 2019 dans laquelle la Camair Co sollicitait du CTR « le déblocage de la somme de 2,648 milliards » pour assurer la survie de la Cameroon Airline Corporation.

Par Paul Nkala

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